Day 16 – Jaipur

04.03.13

J’ai visité. Gravi la montagne. Rencontré des gens, touristes et indiens. Ajouté des nouveaux friends sur Facebook. Repris goût à la nourriture. Kiffé au bord de la piscine. Pratiqué du yoga tous les matins (je me rends compte que je ne me suis jamais levée après 7h30 depuis que je suis arrivée. Et j’ai envie d’une grasse mat’.)… Place au shopping !

J’avais donc prévu de flâner dans le bazar de Jaipur toute l’après-midi. Et ce plan me plaisait bien. Et puis, je me suis rappelée que j’avais rencontré un chauffeur de touk-touk qui parlait très très bien anglais, j’avais tout compris du premier coup, et c’est un exploit. Je l’ai donc appelé pour qu’il m’emmène dans les « shops to see ». Il est venu me chercher. Portait un costume. Dans son touk-touk. Trop cool. Clean. Il ne me demandait que 100 roupies pour toute l’après-midi (100 roupies = 1€50). Meilleur deal ever. Après, j’ai compris qu’il touchait en fait une commission sur ce que j’achetais dans les magasins où il m’emmenait. Rien n’est gratuit. Surtout quand tu es touriste.

Pour être honnête, en partant de l’hôtel, je n’avais pas vraiment envie de faire du shopping. Je n’avais envie de rien en particulier. Et je n’étais pas d’humeur à dépenser de l’argent. Je crois. Je ne sais pas trop. Scheikh, mon nouveau meilleur ami, m’a demandé ce que j’avais envie de voir. Et je n’ai pas vraiment su quoi lui répondre. Il a commencé par m’emmener dans une fabrique de vêtements. Ils m’ont montré les ateliers, la teinture, l’impression. C’était moyen intéressant, car je l’avais déjà vu. Et que là, c’était la version touriste pigeon. Je suis restée un quart d’heure dans le magasin. Le vendeur m’a demandé ce que je voulais voir. Et une fois encore, je ne savais pas quoi répondre. Il m’a emmenée voir les foulards et pashminas. Il a tout déplié, sorti mille choses. Je n’avais envie de rien. J’ai 36 000 écharpes et foulards à Paris. La fringue ici, ne me fait pas rêver. Plus rêver. Je ne sais pas. Je n’étais pas emballée. Pas envie de faire du shopping.

Sortie de là, il m’a emmenée dans un atelier de bijoux où ils taillaient les pierres et montaient toutes sortes de bijoux. Ils m’ont montré chaque pierre, expliqué les vertus de chacune, montré comment ils travaillaient. J’ai alors vérifié que j’avais bien ma carte bleue sur moi et j’ai oublié que j’avais un carton rempli de perles, de colliers et de bagues. J’y suis restée 1h, au moins. J’ai tout essayé. Le vendeur était trop gentil mais dur en négociations. J’y ai acheté deux bagues et un collier. Il m’en a offert un autre, de collier. Je les aime tellement. Je ne les quitte plus. C’est tellement bon de se faire plaisir. De s’acheter plein de trucs trop cools. Même si c’est dur pour le compte en banque. On n’a qu’une vie, pas vrai ?

Dites-vous que ce petit épisode a réveillé la shopaholic qui sommeille en moi. Ca y’est, j’étais partie. J’ai dit à Scheikh de m’emmener partout, dans tous les ateliers. Même pour voir. Ca l’a fait rire. Avec le recul, il devait rire jaune. Car pas d’achat, pas de commission pour lui. Mais cela ne s’est jamais vu, je ne l’ai pas senti à une seule seconde. Ca venait aussi peut-être du fait qu’il ne faisait que m’assurer qu’aujourd’hui, il ferait tout pour me faire plaisir. Non, je ne suis pas naïve. J’étais bien avec mon petit chauffeur de touk-touk qui ne voulait que combler mes désirs. Parlait très bien anglais. Et tout ça, pour 1€50 !

Je lui ai demandé de m’arrêter à un endroit où je pourrais acheter du thé pour mon petit père. Arrivée dans le magasin, j’avais encore oublié quel thé il aimait. Il me l’a expliqué plein de fois pourtant. Thé vert, noir, blanc, bleu… Je confondais. Je me suis dit qu’en sentant, ca me reviendrait peut-être. Le vendeur m’a tout expliqué, tout fait sentir, mais c’est quand même quelque chose de très personnel. Je pense. J’ai donc appelé mon père. Le coup de fil qui m’a couté plus cher que le thé que j’allais acheter. Autant faire vraiment plaisir et ne pas se tromper. Après avoir choisi, le vendeur m’explique que son frère ainé est peintre sur tissu, que son père taille le bois et que son cousin du bled fait je ne sais quoi. Il m’emmène dans une espèce d’arrière boutique, me montre tout plein de trucs immondes. Genre des morceaux de tissus avec des peintures de chameaux dessus. Il m’explique que c’est peint avec de l’or. Ouais, ok. Que c’est très beau. Que cela prend beaucoup de temps à réaliser. Je me dit juste que c’est moche et surtout je me demande à quoi cela peut-il bien servir. Je fais genre de m’intéresser. Par respect. Je souris et je sors.

Scheikh m’attend. Il me dit qu’il veut m’apprendre à conduire son touk-touk. Je suis so excited. Je monte à l’avant à côté de lui. Il m’explique comment démarrer, passer les vitesses, accélérer… Je comprends rien. Je lui dis que je veux juste tenir le guidon et accélérer. Qu’il s’occupe du reste. J’ai un peu peur. Les indiens conduisent comme des malades. Il y a des voitures partout. Des vaches. Des trous dans la route (Je vous prépare un petit post sur la code de la route indien, j’attends d’avoir le plus d’éléments possibles, ce sera le meilleur post jamais pondu). Au bout de 10 minutes, je lui dis que c’est bon. Que je repasse derrière faire ma princesse. Il trouve que je suis une trop bonne conductrice. Propose de m’acheter un touk-touk et de m’apprendre à devenir chauffeuse de touk-touk à Jaipur. Je ris. Il est sérieux. Merde. Je lui dis que je vais y réfléchir. Que c’est un choix de vie. Que pourquoi pas. Que je n’y avais jamais vraiment pensé avant. Que je le tiendrai au courant. Il comprend. Il me dit de garder son numéro pour le prévenir. Je note un rappel dans mon calendrier le lendemain pour ne pas oublier de décliner gentiment sa proposition. J’ai d’autres projets. Je crois. En tout cas, conduire un touk-touk ne fait pas partie de mes priorités. Pour l’instant. Et à jamais.

Il m’emmène ensuite dans un atelier de poterie puis de fabrication de tapis. Regardez les photos. La fabrication de tapis m’a passionnée. A tel point que j’étais à 2 doigts, voire à une mini phalange, d’acheter un tapis. Je l’aimais trop. Il était vert d’eau. Avec des motifs indiens dessus. Je le voyais déjà au bas de mon lit. Même si je ne sais plus à quoi ressemble mon chez moi et que je ne le saurais pas avant encore quelques semaines. Je suis restée 1h là-bas. J’ai vu tous les tapis. Toutes les techniques. Même les tapis en poils de chameaux. Ce n’est pas une blague. C’était tout doux. J’ai discuté avec Samir pendant 20 minutes au moins. Cet atelier appartenait à ses arrières grands parents. J’ai pris sa carte et assuré que je revenais en fin de journée. Que j’avais besoin d’y réfléchir. Je voyage en sac à dos, les gars. Là, il m’a dit qu’il s’occupait de me l’envoyer en France. Oh my god, décision trop dure à prendre. Etait-ce ma vague de shoppeuse folle ou un vrai coup de cœur ? Il m’a fait monter à l’étage voir les vêtements en attendant. Je fais un tour sans grande conviction. Et là, je tombe sur un gilet. Sans manches. Réversible. En coton matelassé. Un motif différent de chaque côté. Coup de foudre. Il est fait pour moi. Je l’aime trop. J’avais beaucoup d’amour à revendre cet après-midi. Je le prends tout de suite. Je ne négocie même pas le prix alors que je sais pertinemment au fond de moi que je suis en train de me faire mega-arnaquée. J’aimerais le mettre tout de suite mais : 1/ il pue la mort, 2/ j’applique mes conseils de ne plus porter un vêtement qu’on vient d’acheter sans l’avoir lavé, 3/ je porte déjà un pull gris à rayures blanches, et bien que je n’ai plus aucun style ici, je garde quand même le sens de l’association, 4/ il fait 35 degrés (mais ça, ce n’est pas une excuse en temps normal, j’ai l’habitude de toujours faire passer le style avant les conditions climatiques). Je prends alors le petit sachet contenant mon nouveau précieux, Scheikh insiste pour le porter.

Ensuite, il m’emmène dans un atelier de gravure sur bois. Je m’en tape. Je reste 3 secondes. Puis, au musée du turban. Assez cool. Mais je suis ailleurs. Je contemple les bagues nouvellement à mes doigts, mon nouveau collier et pense à l’incroyable gilet qui m’attend dans le coffre du touk-touk. Petite panique passagère, est-ce que c’est vraiment sûr de laisser mon paquet dans le touk-touk sans surveillance ? J’abrège le musée.

Pour finir, je demande à Scheikh de m’emmener chez Crosswords, c’est une librairie qui vend des livres en anglais. J’ai amené trois livres avec moi de Paris, et ils sont tous pourris. Pas pourris, j’exagère. Mais je n’arrive pas à rentrer dedans, trop philosophiques. J’ai envie d’un livre qui me permette de m’échapper, une fiction. Je tourne bien 30 minutes dans la librairie et finit par acheter « The Time Traveller’s Wife ». Il était recommandé par le vendeur, il est assez gros et a l’air cool. Je lis toujours la première page pour voir et j’ai eu envie de lire la suite immédiatement. Bon signe. Et je prends aussi un autre livre sur les mythes indiens, l’explication des dieux et déesses. Plus sérieux. Car je visite plein de temples ici, j’essaie de comprendre leurs traditions. Mais c’est vraiment difficile, je ne connais pas bien l’histoire, la culture et je ne comprends pas toujours quand ils m’expliquent. Fouttue barrière de la langue.

Il est 18h. Je demande à rentrer à l’hôtel. En me déposant Scheikh me demande ce que j’ai prévu le soir. Je réponds innocemment que je ne sais pas encore mais que si j’ai besoin d’un touk-touk, je l’appellerai. Confus, il me dit qu’il aurait voulu m’inviter à diner. Je réponds le plus simplement du monde que c’est le dernier soir de Rosha et que nous irons diner toutes les deux. Je m’étonne de ne pas avoir bafouiller en répondant. Même pas une faute d’anglais. So proud. C’était juste la vérité finalement. Et il ne sait pas qu’intérieurement je lui dis qu’il rêve, que je conduirais jamais sont touk-touk pourri, que j’aime pas la nourriture de son pays, que mes talons me manquent, et mes vernis à ongles aussi, et la connexion internet, et les séries américaines, et Zara. Et plein d’autres trucs.

En partant, je lui demande s’il ne connaît pas un chauffeur qui pourrait m’emmener à Agra demain. C’est à 4h de route. Et je me dis que ce serait trop bête de ne pas voir le Taj Mahal avant de partir. Il m’organise l’excursion en deux coups de fil. Le chauffeur passera me prendre à 6h demain matin. Lord, je vais encore me lever à 5h. Il propose de venir avec nous. Je le remercie gentiment et décline. Je rejoins ma chambrée.

Je déballe mes achats. Meilleur moment. Et là, je me rends compte que mon gilet est quand même matelassé. Que par conséquent, il prend de la place. Et qu’il ne rentrera jamais dans mon sac à dos ! Pas grave, je le mettrai pour voyager. Sous mon sweat à capuche. Je vais rentrer à Paris en vrai porte manteaux !

Je fais ma petite lessive dans la salle de bain. Tout ça pour laver mon gilet bien sûr, mais j’en profite pour laver tout le reste. L’eau est bien dégueu dans l’évier. Je préfère ne pas trop m’attarder dessus, après je vais me sentir mal. Je prends plein de douches, je vous jure, mais c’est un pays crado !

Je m’allonge dans mon lit et dort un petit moment. J’attends que Rosha revienne. C’est vraiment son dernier soir. Elle rentre à Paris demain. Je suis triste de la voir rentrer car nous avons partagé plein de choses et ce fut une merveilleuse rencontre. Mais je n’ai pas peur, ni d’angoisses. Je suis confiante pour la suite. Rosha, si tu me lis, merci pour tout. J’ai adoré les moments et les pizzas que nous avons partagés. J’espère que tu es bien rentrée. Je t’embrasse fort.

NB : Si vous avez envie que je vous ramène des choses en particulier, dites-le moi. Vite. Ce sera avec grand plaisir. Sauf si vous voulez des boucles d’oreille en diamant. Suis pas Rotschild. Bisous bisous.

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