Marcus Aemilius Lepidus joue à EuroMillions.

12.06.14

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Bonsoir à toi, qui me lis, ce soir, à une heure tardive,

Bien que je sois très heureuse de venir à toi, raconter plein de trucs, je me dis aussi que je le fais aux dépens de deux chapitres d’histoire romaine. Et cette vision me met un peu la pression. Mais je te préfère à Marcus Aemilius Lepidus. Ah ça oui. Alors tout va bien. Le plaisir passe avant tout, pas vrai.

Ce qui m’anime ce soir n’a rien d’original. Mais je vous dirai avant tout, en introduction, que je n’ai rien à me mettre sous la dent. Ou plutôt que je n’ai aucunement envie de me faire à manger. Et que de commander encore des sushis va me faire gerber. Alors, avant de commencer mon argumentation du jour, je me dois de décider ce que je vais donner à mon estomac faminant. Je me dis d’ailleurs. Nouveau concept trop cool. Qu’il faudrait faire du « home food sharing ». Maintenant qu’on partage tout sur le net. Ou alors du « co-fooding ». Je m’explique. Je suis chez moi ce soir, à n’avoir rien à manger. Tu es chez toi ce soir à avoir une envie folle de faire à manger. Vous voyez le truc ? Donc on créé un réseau social. Car faire à manger pour deux, c’est comme faire à manger pour un. Et je suis sûre que ça coute moins cher en plus. De faire à manger pour deux en même temps au même endroit par une seule personne, que de faire à manger pour deux pas en même temps pas au même endroit et par deux personnes différentes. Blague à part. On combine ça avec un site de rencontre nouvelle génération et on se fait racheter par Facebook dans 6 mois. Misez sur moi, les amis. Allez. Ouvrez vos portemonnaies. On y va.

(N’essayez même pas de me piquer l’idée. Je l’ai publiée sur mon blog avant vous. Donc légalement, j’ai l’antériorité. Je fais du marketing, je vous rappelle. Nooon, je blague. Je ne blague pas.)

Bon, tout cela ne résolvant pas ma faim nocturne, je me dis que je peux aussi ne pas manger. C’est bien ça, ne pas manger. Ca m’empêchera de dormir, donc je pourrai travailler plus longtemps dans la nuit. Et puis, il faut se détacher de toutes ces dépendances matérielles. On n’a pas besoin de manger autant que ça. Sérieusement, vous saviez que la majorité des maladies graves que nous avons aujourd’hui (quand je dis nous, je parle de « nous, les hommes ». Moi, je vais très bien. J’ai une santé de fer. Et un moral d’acier. Le silence d’or et la parole d’argent. Oh mais qu’est-ce qu’elle est lourde, celle-là.). Donc les maladies graves, je disais, sont dues à nos trop grandes ingestions de nourritures en tout genre. Comment ça, je suis pas médecin ? Je vous arrête tout de suite. J’ai fait « Sciences Naturelles » au lycée. Même que j’ai appris le mouvement des plaques tectoniques (rien à voir avec la tektonik, bien que l’un comme l’autre m’ait toujours paru d’une inutilité profonde) et que cela ne m’a jamais, au grand jamais, servi. Même pas pour me la raconter lors d’un diner. Tout le monde s’en fout. De ça. Encore le génome, ça me sert des fois à comprendre certains épisodes de Grey’s Anatomy. Enfin bref, donc on mange trop. Et je ne sais pas si cela créé des maladies. Je pense. J’en sais rien. Je ne suis pas médecin, les amis. Ceci étant dit, ne bougez pas, l’eau est en train de bouillir, je vais faire cuire mes pates !

Mon père m’a toujours dit que les pates, ça ne faisait pas grossir. C’est comme le pain. Ca dépend de ce que tu mets dedans. Mais j’ai un doute quand même. Et puis, manger des pates natures natures, entre nous, ça n’a aucun intérêt. Moi j’ai envie de mettre de la mozza et au four. Et puis, je m’en fous, j’ai perdu 8,5 kilos. J’ai un peu de marge. Et même que je suis très contente d’avoir perdu toute cette graisse, oui oui aucun doute. Mais dites-vous bien que je n’ai plus rien à me mettre. Et ça, personne ne veut le comprendre. Je me sens très seule dans mon combat quotidien. Toutes mes copines me regardent d’un œil genre « c’est bon, arrête de nous souler là, ça fait 10 ans qu’on essaie de maigrir, nous. » Ok, mais on t’en parle jamais dans les magazines de ça. Du fait que tu n’as plus rien à te mettre après. Que quand tu enfiles un jean, tu es d’abord super contente et fière et soulagée et tu te trouves bonne mais 5 minutes après, tu te dis juste que, putain, celui-là aussi tu peux le donner à la voisine. Voilà, j’ai rempli deux sacs bleus Ikea de fringues. Mais en vrai, je devrais juste en remplir un seul avec les fringues qui me vont et vendre mon armoire entière. Voilà, vous allez pensez que je suis une meuf insupportable. Quoi ? Mais de quoi elle se plaint ? Oui, je me plains encore. Je suis française, je vous rappelle. Et les français se plaignent tout le temps. C’est le principal argument qui me motiverait à déménager ailleurs. A changer de pays.

Vous iriez où vous ? Si vous deviez partir. Si vous n’aviez aucune contrainte. Ni aucun besoin. Si on vous donnez un package de dix ans de vie ailleurs. Quel pays choisiriez-vous ? Je ne tiendrais pas un nouveau concept trop cool encore là ? Non, c’est bon. Vous ne me devez rien. J’aimerais qu’on me donne un pass comme ça. Un package. On pourrait jouer, comme quand on joue au loto ou comme la loterie pour la Green Card. Et le lot, c’est un package de 10 ans, tous frais payés, dans le pays de ton choix. Je t’offre 10 ans de vie de rêve à l’autre bout du monde. Je ne sais pas vous, mais moi ça me donne des frissons. Vous pourriez penser que cela revient au même que de jouer à EuroMillions car quand on gagne 130 millions d’euros, on peut partir n’importe où. Mais je pense que vous faites erreur. Car le problème des gens bloqués dans leur vie n’est pas l’argent ou les moyens. C’est juste le déclic. La décision. On aurait tous besoin de quelqu’un qui nous pousse. D’un bon coup de pied au cul. En pleine face. De voir des incroyables opportunités qu’on ne peut pas refuser dans des choses anodines, juste pour aller plus loin. Juste pour prendre le risque. Je ne prends pas de risques. J’ai peur. Et tous les jours, je me dis que je devrais prendre des risques. Car je suis convaincue que rien de grave ne peut m’arriver. Mais au final je n’avance pas. En tout cas, pas comme si j’avais un but précis. Je tâtonne. Et je sais que si demain, on me disait : « Camille, tu as gagné, tu pars pour 10 ans à Buenos Aires, tu as un boulot sur place et une jolie maison au bord de la plage. » et en Nota Bene, en tout petit : « Et puis, on t’a déjà inscrite sur le Tinder Argentin, ça suffit maintenant de faire la difficile ». Ah ah ah. Eh ben, si on me disait ça, je partirais dans la seconde. C’est une évidence. Mes valises sont déjà prêtes. J’ai juste un sac bleu Ikea avec trois pauvres jeans de rachitique. Aaaaaah j’ai perdu 8,5 kilos, les amis. C’est pas trop fou, ça ah ah.

Voilà, écoutez, je venais ce soir avec de bonnes intentions, un vrai sujet sur lequel argumenter des heures. Et puis finalement, ça m’a amusé de vous faire passer d’un sujet à l’autre. Sans n’avoir rien à dire. Vraiment. En quelques lignes, je vous ai parlé d’histoire romaine, de tectoniques et de tektonik, de voyages, de nourritures, de deux idées de concepts révolutionnaires, de mon poids, de ma garde-robe, des français, et j’en passe.

Je pourrais continuer pendant des heures, vous le savez hein. Mais je vous aime bien alors je vous épargne pour ce soir.

Affectueusement,

Camille

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