Je suis enfant de divorcés.

04.08.14

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J’aimerais vous parler du fait que, au fond de moi, au profond de moi, j’ai le sentiment parfois que je ne guérirai jamais. De mon histoire.

Je vous rassure. Je me dois de le faire car je ne suis pas encore prête à vous la raconter, mon histoire. Donc. Je suis en bonne santé. Mes proches sont en bonne santé. Je n’ai pas connu l’inceste ou le viol. Ou la mort violente d’un proche. Sur le papier, je dirai que j’ai été assez protégée…

Mais voilà. Je suis enfant de divorcés. C’est ça mon histoire.

 

Cela fait 10 ans. Pile. J’avais 17 ans. Et aujourd’hui encore, quand je pense à mon enfance, je pleure. Parce que c’était bien. Parce que j’étais à eux. Je suis enfant de divorcés. Mais je me soigne.

 

J’ai tellement travaillé sur moi, si vous saviez. 7 ans de thérapie. Sans jamais lâcher. Bien sûr, à certains moments, j’ai essayé d’esquiver ma psy ! Mais toujours, quand je me suis retrouvée face à elle, je ne pouvais plus baisser les bras. Je revenais de si loin. Elle m’avait faite vivre à nouveau. Je ne pouvais pas juste lui dire que je voulais tout envoyer chier. Et arrêter de réfléchir. Juste pour quelques mois. Juste pour reposer mon cerveau. Cela n’était pas envisageable. Et je n’en ai pas eu le courage.

J’ai donc travaillé dur. Toujours un peu plus. Avec l’impression réelle d’avancer, de changer, d’accepter et de passer à autre chose. De prendre la vie autrement. La relation aux autres. De me préserver. De me considérer et de trouver ma place. Ma place d’enfant de divorcés.

 

Et puis, parfois, des éléments qui paraissent insignifiants traversent ma route et me rappellent que je suis cassée, brisée en mille morceaux de l’intérieur. Au fond de moi. Au profond de moi. Et me donnent ce sentiment que je ne guérirai jamais.

Je me hais dans ces moments-là. J’aime tellement la vie. J’ai envie de profiter de tout. Et puis, où est le drame ? Je ne suis pas la première enfant de divorcés. Et ne serai malheureusement pas la dernière. J’ai trois frères. Qui ont l’air de vivre leur vie. Et d’avancer. Pourquoi pas moi ? La petite fille en moi n’arrêtera jamais de vivre dans le passé et d’espérer.

Le pire dans tout ça ? Je vous dirai que, si mes parents n’avaient pas divorcé, je pense que je serais bien moins heureuse aujourd’hui. Car je n’aurais pas fait tout ce travail sur moi. Je n’aurais pas appris à me connaître et à me changer. Juste là où il faut. Je serais restée dans la moyenne. La moyenne qui survit sans se poser de questions. La moyenne qui est dans le rang. Vous savez, ce rang qui ne me rend pas heureuse.

Alors, quand la vie est trop dure à porter, quand le passé prend le dessus sur le présent et quand mes peurs émotionnelles me paralysent, j’imagine juste la fille que j’aurais été si. Mes parents n’avaient pas divorcé. Et cette fille-là ne serait surement pas en train de vous écrire ce soir.

Je suis enfant de divorcés. J’aime la vie. J’ai envie d’être heureuse. Et de me marier. Parce que je me soigne.

 

Je vous embrasse du fond de mon cœur, mon cœur qui se soigne,

 

Camille

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