Les vacances de l’amour. Non pardon.

09.10.14

Je suis partie en vacances avec un mec que je connaissais depuis un mois. Et je suis rentrée au bout de 2 jours. Vous avez envie que je vous raconte ?

 

Je vous vois venir. Camille, on ne part pas en vacances avec son mec au bout d’un mois. Je sais. C’est ce que tout le monde m’a dit. Après que je suis rentrée. (Je sais, ça vous fait bizarre mais « après que je sois rentrée », ce n’est pas français. De rien. J’aime bien vous donner des leçons de grammaire.) C’est bien facile, les amis, de dire ça une fois qu’on est rentré. Merci du conseil.

Parce qu’avant de partir, je dois dire que, mes copines étaient surtout excitées pour moi. J’étais à leurs yeux (rayez la mention inutile) : folle ou courageuse. Ou peut-être même folle et courageuse. Ou peut-être finalement folle tout court.

Mais. Qu’est-ce que j’avais à perdre au fond ? Mes vacances. Oui. Ma semaine de vacances ruinée. Voilà ce que j’avais à perdre, me direz-vous. C’est vrai. Dans un sens. Mais peut-être que dans un autre sens, j’avais à gagner mon mari. Et ça, ce n’est pas rien. Pas vrai ?

Alors. Je suis partie. Confiante. Tant en moi qu’en lui. Ca se passait super bien. A l’époque. Pourquoi refuser une semaine de vacances, hein ?

Eh bien. Je ne dirai pas que je regrette. Car ce que j’ai vu de lui là-bas. Etait bien en lui. Ca, pas de doute. Je dirai plutôt que c’était bien trop violent pour un mois d’août.

 

On est parti à Marseille. Ca ne vous excite pas Marseille ? Je comprends. Mais on avait prévu de louer une voiture et de se balader dans le Var. C’est sympa, non ? Je trouve ça sympa, moi. J’insiste un peu sur la destination parce qu’apparemment c’était super important pour le bon déroulement du séjour. Moi, fleur bleue, je pensais qu’on pourrait aller n’importe où et que ça serait bien. Parce qu’au bout d’un mois de relation. On a juste envie de se connaître. Peu importe le lieu. Et puis. C’est toujours bien les vacances, non ? Apparemment, non.

On arrive à Marseille donc. Un dimanche. Tout commence bien. Tout s’annonce cool. Même qu’on dine dans un restaurant indien. Et que, ô coïncidence, j’adore les indiens. C’est le lundi que tout s’est compliqué. Pour que vous compreniez les événements comme il se doit. Commençons par le commencement.

 

Lundi matin, on se réveille juste avant la fermeture du petit déjeuner. Classique. J’ai donc exactement 5 minutes pour m’habiller. Alors que lui, décide de descendre en pyjama. Soit. Je m’en serais foutu pas mal. S’il n’avait pas mis une heure entière à se préparer par la suite. Mais pourquoi est-ce que tu te rases pour aller à la plage ? Je respire profondément. Et je me dis que finalement, si ça le fait kiffer de prendre son temps. Ok. Pas grave. Il faut laisser l’autre faire ce qui lui fait plaisir aussi. C’est ce que je me suis dit à l’époque en tout cas.

Cette heure de préparation fut finalement assez ironique tant on a passé, je pense, lui et moi, une des pires journées de notre vie.

Je vous passe les détails. Mais dites-vous que tous les éléments n’étaient pas réunis pour qu’on passe une bonne journée. Objectivement. Embouteillages. Plages surpeuplées. Ringardise à son comble. Cassis au mois d’août, quoi. Fallait s’y attendre aussi. Enfin bref. Moi, toujours fleur bleue, je n’y ai pas prêté plus attention que ça. On était à la plage quand même. Les vacances. Le maillot de bain. Le soleil. C’est toujours bien la plage, non ? Apparemment, non.

Parce que lui. N’a fait que se plaindre. Toute la journée. L’enfer. Enfin surtout l’après-midi. Parce que le matin, il se préparait, rappelez-vous. Vous avez déjà été confronté à quelqu’un qui se plaint non-stop ? Ca rend nerveux. Au fur et à mesure. De plus en plus nerveux. Quand à la fin de la journée, il me dit « Mais, t’es vraiment pas sympathique aujourd’hui. » C’était bon. Il avait fini de m’achever. On rentrait. J’ai pris le volant. Vaut mieux toujours conduire dans ce genre de moment. Au moins, on garde le contrôle. J’ai branché mon iPod, ma musique. Et j’ai imaginé qu’il n’était pas là. Juste que j’étais en vacances. Tranquillement. Qu’il faisait beau. Vous savez combien de temps ça faisait que je n’étais pas partie en vacances ?

 

Bien sûr, en arrivant à l’hôtel. J’ai essayé de converser. J’essaie toujours de converser. Mais c’était difficile. Et alors là. Est arrivé le drame. Sans vraiment y réfléchir. Je le précise. C’est important. J’ai dit : « Ecoute, c’est juste que tu t’es plaint toute la journée, j’ai l’impression que tu n’etais pas heureux. » Ca vous choque ? Dites-moi sincèrement. Parce que je ne comprends toujours pas, à date, ce qui m’est tombée dessus juste après ça. Littéralement. Je dirais que sa réaction n’aurait pas été moins forte si j’avais assassiné sa mère devant ses yeux. Là. Dans cette chambre d’hôtel. Ce lundi du mois d’août.

Ecoutez, à partir de là. Il m’a d’abord dit, d’une voix suicidaire : « Ce n’est pas contre toi mais il faut que j’aille prendre l’air, seul. » Ok. Ce n’est pas contre moi. Je ne pourrais pas vous expliquer pourquoi mais j’étais si zen. Il est sorti. J’ai mis mes baskets et je suis sortie aussi. Me balader. Je n’allais pas rester seule dans la chambre. Cafardeuse. J’ai été me promener dans Marseille. Manger un petit goûter. Toujours manger. Ca remonte le moral. Et puis. Je suis rentrée. Pensant qu’il aurait retrouvé son calme.

Alors là. Ah ah. C’était pire. Je l’ai trouvé sur le site de la SNCF à tenter de changer son billet de train. Me disant des choses si gentilles, du genre : « J’ai rien à foutre ici avec toi. » ou alors « Je perds mon temps, c’est ridicule. » ou encore « Je rentre demain. Toi, tu fais ce que tu veux. ». Encore une fois. Je ne pourrais pas vous expliquer pourquoi mais j’étais zen. J’ai essayé de dialoguer avec lui. Encore et encore. Juste qu’il m’explique cette réaction démesurée. Puis, constatant son incapacité à gérer ses émotions. J’ai juste laissé tomber. Je lui ai proposé de sortir passer une dernière soirée cool. Autant profiter. C’est les vacances. Et puis. Quand il m’a laissée dehors toute seule. Parce qu’en chemin, il s’était rendu compte qu’en fait, il aurait préféré rester à l’hôtel. Là. Je me suis dit. Que c’était plus possible.

J’ai appelé ma copine de toujours. Elle était à Los Angeles. J’ai ruiné son forfait. Pas grave. C’était important. Et ça ne pouvait être qu’elle. Elle me dit. « Camille, tu remontes, tu fais ta valise et tu te casses. »

La situation est devenue dramatique. Et aujourd’hui, ça me fait bien rire. Je suis remontée dans la chambre. Et j’ai fait ma valise. Comme dans les films. J’ai surjoué. Il le fallait. Un peu. Ca n’arrive qu’une fois dans une vie ce genre de choses. Il faut en profiter. Je reprenais le pouvoir sur son caractère de merde. Je me sentais bien. Je l’ai regardé bien droit dans les yeux en lui demandant s’il n’avait rien oublié dans la voiture. Il a bafouillé. J’ai jubilé. Et j’ai annoncé : « Je prends ça pour un oui. Je me casse. Je ne dors pas ici avec toi. Bon retour. »

Je suis partie. Avec ma valise. Il me suivait. Je jubilais. Je suis descendue à l’accueil. La chambre était à mon nom. J’ai expliqué que je m’en allais. Mais que lui, il restait. J’étais calme. Il était derrière moi. Qu’est-ce qu’il me veut. Je suis sortie de l’hôtel. Il était 23h. J’ai cherché la voiture. Je me trompe de rue. Merde. Il me suit. Qu’est-ce qu’il me veut. Débile. Et là. Parce que ce n’était pas encore suffisant, il me dit : « Je voulais juste te remercier. Te remercier d’avoir été aussi conne. » Je lui dis gentiment : « Ecoute, si tu me suis depuis un quart d’heure pour me dire ça, vraiment c’était pas la peine de te déranger. » Je n’ai pas le temps pour ça. Je suis zen. L’adrénaline. Je lui dis calmement que je me casse. Que je n’ai rien dit de dramatique. Et que si vraiment, il n’est pas heureux. Qu’il s’en prenne à lui. Pas à moi.

 

« Allo, tu fais quoi ? Tu es arrivé à Aix ? Je peux venir dormir chez toi ce soir ? ». J’appelle mon seul ami marseillais. Il est là. Il me sauve. On va boire un verre. Deux verres. Même dix. Et on fume trois paquets de clopes. Je lui raconte. Il m’écoute. Je l’écoute m’expliquer que ce n’est peut-être pas la fin, mais une grosse incompréhension. Que c’est débile. Je sais. Que c’est débile. On débarque chez sa mère à 1h du matin. J’ai honte. Je ne suis pas cette fille qui vit des drames avec son mec et se casse en pleine nuit. Je ne comprends pas ce que je fais là. Ce n’est pas moi. Elle me serre dans ses bras. Fort. Et me regarde avec cet air compréhensif qu’ont les mères. Demain est un autre jour.

 

Je vous raconterai une autre fois pourquoi je suis rentrée à Paris, le lendemain. Dans le même train que mon mec. Celui-là même qui ne m’avait pas retenue la veille. Ce mec qui veut être le père de mes enfants mais qui me laisse partir seule en pleine nuit parce qu’il est en colère.

Je vous raconterai une autre fois pourquoi je suis restée un mois de plus avec lui. Un mois entier pendant lequel j’ai cru que ce n’était pas grave. Ca, et tout le reste. Un mois entier pendant lequel je me suis laissée le subir. Un mois entier pendant lequel j’ai renié mon instinct. En pensant naïvement qu’on peut toujours sauver les gens malheureux.

Ce que je vous raconte aujourd’hui. C’est aussi pour vous dire. Que je repartirai sans hésiter. J’aurai un peu plus d’appréhension. La prochaine fois. Forcément. Mais il faut y aller. Si vous le sentez. Pourquoi pas ? Vous n’avez rien à perdre. Je n’ai rien perdu. Au contraire. J’ai énormément appris. Sur moi. Sur ce que je ne veux pas. Et puis, on n’a qu’une vie, pas vrai ?

 

On dit que le grand voyageur n’est pas celui qui fait le tour du monde mais celui qui fait le tour de lui-même. Ce qui est sûr c’est que je n’ai pas fait le tour de Marseille.

 

Sentimentalement vôtre,

Camille

 

Vous vous demandez ce qu’est cette photo. C’est mon seul souvenir de ces vacances. J’ai pris en photo le numéro de la place de parking. Où j’ai garé la voiture. Quand je suis arrivée à Aix-en-Provence. La nuit du drame. C’est un réflexe pour toujours me rappeler où je me gare. C’est sûr, c’est moins sexy qu’une belle photo de la plage de Cassis. Mais c’est plus authentique. Finalement.

Les

commentaires (2)

Sab
04 novembre 2014
La suite!!!!!!!!!
Camille
04 novembre 2014
Et si tu lisais mon post du jour ?!

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un commentaire

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