Faire corps avec son corps.

16.12.14

Bon je ne vais pas vous cacher que j’ai encore été super malade. J’aurais pu. Vous le cacher. Mais je sais que vous savez que j’ai déserté pendant deux semaines. Je vous ai manqué, c’est inévitable. Je sais que vous vous demandiez chaque jour ce qu’il m’arrivait. Mystère résolu. Je ne me suis (malheureusement) pas faite enlever par des extraterrestres. J’étais juste super malade.

Parce que je ne me suis pas assez reposée pendant le début de ma mononucléose. Et que j’ai encore cherché à répondre à trop de questions existentielles en même temps. Je suis tombée. Comme une crêpe. Bonne la crêpe, avec plein de sucre dessus. Pendant une semaine, je me suis réveillée chaque matin avec un nouveau symptôme supplémentaire. J’ai additionné tous les virus bénins en –ite. Enfin tous ceux que je connais, hormis la cystite merci bien. Et j’ai mis longtemps à me relever.

 

C’est alors. Que je me suis demandée. Si j’étais assez à l’écoute de mon corps. Si je le chérissais comme je le devais, étant donné que, mise à part une mononucléose persistante, il m’a toujours préservée des choses graves. Qu’il me porte et me supporte depuis plus de 28 ans. Qu’il est gentil et bienveillant. Qu’il me prévient quand mon esprit divague trop longtemps. Qu’il est, malgré tout, mon meilleur allié dans ce monde perturbé.

Il est possible alors que je soulève ici le débat du corps, des pensées, des émotions et de la conscience. Et plus précisément, dans le cas qui nous intéresse, de l’ambivalence être un corps – avoir une corps. C’est, je pense, la plus belle leçon philosophique que j’ai apprise en Inde. (ici).

Alors pour bien se comprendre, sur un sujet aussi complexe que celui-là, je vais vous résumer simplement ce qu’il en est. De mon point de vue, bien sûr. Etre un corps restreint notre existence à celle de notre corps physique, nous sommes un corps complexe commandé par un cerveau encore plus complexe. Tout est régi par notre cerveau, les pensées, les émotions, les actions. Cela ne laisse pas de place à l’âme. Tandis qu’avoir un corps suppose que notre âme, notre conscience, habite notre corps et le pilote. Je suis une âme dans un corps. Je suis une âme avec des pensées, des émotions et un corps.

C’est simpliste et simplifié. C’est un sujet sans fin, je pense. Pour en avoir longuement discuté avec des partisans des deux camps, je vous dirai, sans grande surprise, que je penche bien sûr vers le fait d’avoir plutôt que d’être un corps. Je suis trop optimiste pour penser que nous ne sommes qu’une étape dans l’évolution des espèces.

 

Peu importe la philosophie que vous avez choisi, nous serons tous d’accord sur le fait que le corps est finalement notre unique atout pour vivre et survivre. Ai-je vraiment besoin de préciser que quand la santé fout le camp, la vie fout le camp ?

Je me suis alors rendue compte que je ne faisais pas attention à mon corps pour les bonnes raisons. Par exemple. Je me lave les dents pour avoir une sensation de propre, bien plus que pour préserver l’email de mes dents. Je mange pour me faire plaisir, bien plus que pour donner les nutriments essentiels à mon organisme. Je mets du vernis sur mes ongles, même quand ils se dédoublent. J’ai fait des couleurs à mes cheveux et des trous dans mes oreilles. A une époque, j’ai même menti à mon ophtalmo pour avoir des lunettes, je faisais subir à mes yeux une correction dont ils n’avaient même pas besoin, juste comme ça, pour pouvoir porter des lunettes. Et je n’ai jamais aussi peu dormi et autant cogité que quand j’ai eu la mononucléose. Par esprit de contradiction, sans doute.

Et encore, je pense être bien loin de tout ce que certaines filles infligent à leur corps pour leur image. Non, je ne mentionnerai pas Kim Kardashian. Ni Renée Zellweger. Que leur corps repose en paix.

 

Vous voulez que je vous dise le pire dans tout cela ? Je ne sais pas pour vous. Mais pour ma part, je cherche sans cesse des remèdes miracles. Des huiles essentielles et naturelles merveilleuses qui vont faire durcir mes ongles ou faire pousser mes cils.

Je ne vous parle bien sûr pas de la cigarette. De toutes ces clopes qu’on s’enfile sans même réfléchir une seule seconde à leurs conséquences. Attends, ce n’est pas grave, j’ai trouvé un nouveau dentiste in-croy-yable pour le blanchiment des dents.

De ces heures qu’on passe assis devant l’écran, recroquevillé et bossu, en planifiant notre prochain rendez-vous chez l’ostéo.

 

Alors au lieu de chercher des remèdes aux saloperies qu’on fait sans cesse subir à nos corps. Si on réfléchissait à l’inverse. En préservant notre corps, en le remerciant, en le faisant nous mériter. Rappelez-vous que quand on est malade, il est déjà trop tard.

 

Prenez soin de vous et prenez le temps.

Sainement vôtre,

Camille

Les

commentaires (1)

Je suis antipathique depuis que je ne fume plus. - Camille's Breath
01 février 2015
[…] comment. J’ai eu comme une révélation après avoir été malade et après avoir écrit Faire corps avec son corps. Je n’ai plus touché une clope depuis. J’avais déjà arrêté par le passé pendant des […]

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