Le jour où mon Facebook s’est divisé.

13.01.15

Je suis fatiguée de lire tout ce que je lis. J’ai le sentiment depuis hier. Que malgré notre incroyable marche symbolique de dimanche. Le pays est divisé. Mon Facebook est divisé. Je déteste mon Facebook. Je le ferme toutes les demi-heures sur un coup de tête « Oh, assez ». Et pourtant, je le rouvre la seconde d’après. Je lis les mauvaises choses d’abord. Pour mesurer l’ampleur de la situation. Et les bonnes choses ensuite pour me rassurer. Et je recommence. Je n’arrive à rien faire d’autre. J’ai le cerveau fa-ti-gué.

 

J’ai envie de rire. J’ai envie de vous raconter des choses drôles et futiles. J’ai envie d’oublier. De récupérer ma vie et mon esprit.

J’ai envie d’aller faire les soldes et d’être super excitée d’aller faire les soldes. J’ai envie de retrouver le sourire de compassion du kiosquier en bas de chez moi qui m’a toujours prise pour une femme futile n’achetant que Elle et Glamour, quand maintenant j’achète Le Figaro, Libération et tous les autres grands journaux qui vont assouvir ma soif d’informations.

J’ai envie de ne plus savoir que BFM, c’est la 15 sur ma Free et iTélé la 16. Je me sentais plus libre et plus optimiste dans l’ignorance.

J’ai envie de vous parler des compensées rose à paillettes que j’ai commandées sur Topshop pour 26€, qui me rendent si impatiente que je suis descendue vérifier ma boite aux lettres avant même de prendre mon petit déjeuner ou ma douche ce matin.

J’ai envie qu’on parle de voyages, de projets et de tout ce qui nous attend. Et d’aller voir Wild au cinéma, demain dès sa sortie, à la séance de 10h55.

J’ai envie de commencer à construire mes rêves de 2015, et j’ai du boulot parce qu’ils sont nombreux.

 

Et pourtant. La seule chose que j’arrive à faire, c’est de passer d’un site à l’autre. Je lis TOUT. Tous les articles, tous les commentaires. Je suis obsédée. Je me sens possédée. La politique ne m’a jamais intéressée, ni de près ni de loin. Qu’est-ce qu’il m’arrive ?

Rendez-moi ma légèreté et mon optimisme grandissant. Rendez-moi ma conviction que nous sommes tous incroyablement bons au profond de nos âmes. Rendez-moi mes croyances en l’unité, en la sagesse, en la tolérance. Rendez-moi ma quête incessante du bonheur. Rendez-moi moi.

 

J’ai envie de hurler dans le brouhaha ambiant. Moi aussi. Comme les autres. Mais hurler n’a jamais aidé personne à faire passer ses arguments. Je me sens si impuissante. J’ai le sentiment que nous avons tout ce qu’il faut en nous pour que le monde se soigne. Mais je me demande bien comment faire. Que devons-nous faire ?

Nous avons marché. Nous avons montré que nous étions concerné. Et ensuite ? Cela n’efface pas nos désaccords. Comment construire après ça ?

 

Alors comme beaucoup, nous allons reprendre nos vies, petit à petit. Moi la première. Je vous parlerai bientôt comme si rien ne s’était passé. Comme si. Parce que nous en avons besoin. Parce que j’en ai besoin. Parce que je ne sais pas ce que je dois faire d’autre.

 

Aidez-moi.

Camille

 

J’ai du ressortir mes fausses lunettes pour le rôle.

Laisser

un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.