Pleurer de fierté.

19.01.15

Camille's Breath Inde Pleurer de Fierté

(Je vous conseille de lire cet article en écoutant ça : https://www.youtube.com/watch?v=pey29CLID3I)

Je sors du ciné. J’ai vu Wild. Je savais que j’allais adorer. Et bien sûr, j’ai adoré. Ca m’a rappelé mon voyage. J’avais oublié mon voyage. A un moment donné, j’ai eu l’impression de tellement en parler et de tellement y penser que je me suis forcée à passer à autre chose. A d’autres projets. Et il est resté là, bien au chaud dans mon cœur. Silencieux.

Ce film m’a rappelé mon voyage. Toutes les étapes de mon voyage. La première fois que j’ai mis mon sac-à-dos sur le dos et que j’ai failli tomber à la renverse. Mon arrivée là-bas et ce refrain incessant dans ma tête « Putain, qu’est-ce que je fous là ? », « Putain, qu’est-ce que je fous là ? », « Mais pourquoi je me suis fait ça ? ». Au bout de 4 jours quand j’ai appelé ma mère en pleurs « Maman, je t’en supplie, fais-moi rentrer à la maison. » Et puis, le plus prodigieux conseil qu’on ait pu me donner dans ma vie. Je me rappelle du moment. Je me rappelle du lieu. Et de son visage. Laure. « Camille, il faut que tu vives ton voyage un jour après l’autre, sans te préoccuper de l’échéance. »

Ce conseil m’a fait tenir tout au long de ces 42 jours. Et ce conseil me suit tous les jours depuis mon retour. Car finalement, la vie n’est-elle pas aussi un incroyable voyage ? Vivre un jour après l’autre. Tous les jours. Tout le temps. Sans se préoccuper de l’échéance finale. Elle est là, elle existe, on le sait. Mais si nous vivons à fond chacun des jours qui nous sont donnés, alors elle n’a plus beaucoup d’importance.

Et puis. A partir de ce conseil. Là-bas. Mes angoisses se sont dissipées peu à peu. Et je suis entrée dans mes profondeurs. J’étais en Inde bien sûr. Mais j’étais en moi avant tout. La solitude. La liberté. J’ai fait la paix avec moi-même. Je me suis rencontrée. J’ai rencontré les autres. Différemment. Je me rappelle de toutes les personnes que j’ai croisées sur mon chemin. Toutes ces personnes qui m’ont parues si chères sur le moment et qui ont écrit un bout de mon voyage. Toutes ces personnes que je ne recroiserai probablement jamais dans ma vie mais qui me suivront partout.

 

Cela va vous paraître surement prétentieux mais ce soir, sur le chemin du retour, dans la voiture, j’ai pleuré de fierté. J’ai eu envie de me serrer fort dans les bras et de me remercier. Merci d’avoir entrepris ce voyage. Merci d’avoir eu le courage d’aller jusqu’au bout. Merci d’avoir pris conscience de toutes ces choses qui ont rendu ma vie plus belle, plus douce et plus importante. Un sentiment d’accomplissement. Comme quand on n’a vraiment pas envie d’aller courir, qu’on se force quand même à y aller, qu’on souffre sur toute la durée de l’exercice, mais qu’en rentrant on se sent si bien qu’on se félicite d’avoir fait l’effort. Voilà je me félicite d’avoir fait l’effort.

Il paraît que quand on va courir, on y prend tellement gout qu’on veut y retourner tout le temps. Je ne peux pas vous dire si c’est vrai, je n’ai jamais réussi à courir plus de 3 minutes. Par contre, je peux vous dire que le voyage en solitaire, on y prend gout. Et j’ai envie d’y retourner tout le temps. J’y pense presque tous les jours. Tous les trois-quatre mois, je planifie un voyage, une destination. J’en parle en étant si passionnée que personne ne peut se douter que je n’irai pas jusqu’au bout. Et pourtant, à chaque fois, je recule. Je ne sais pas vraiment. Peut-être parce qu’un voyage comme ça, on n’en fait qu’un dans une vie. Peut-être parce que je ne suis pas prête à revivre ça. Peut-être parce que ce voyage m’a permis de me construire, de poser les premières pierres de ma vie, et que maintenant je dois me concentrer sur les suivantes. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien si je suis là, ce soir, à vous écrire.

 

J’ai mis si longtemps à me remettre de ce voyage. Des mois et des mois. Plus d’une année je pense. Je me souviens de la personne que j’étais avant et de la souffrance que je portais. Je n’aurais pas de mot assez fort pour décrire l’apaisement que je ressens aujourd’hui. On me reproche souvent de ne pas me méfier assez et de faire trop confiance aux gens. Mais je crois que je n’ai pas envie de changer ça. Car je me dis parfois que si on fait vraiment la paix avec soi-même alors on ne peut voir que le bon partout ailleurs.

 

Je n’en ai pas vraiment parlé dans mes résolutions. Je n’y ai pas pensé en ces termes. Mais cette année, j’aimerais encore pleurer de fierté. Je me rappelle des fois où j’ai pleuré de fierté dans ma vie. Elles sont très peu nombreuses. J’aimerais faire en sorte que la liste s’allonge. Et pour cela, dépasser mes limites. On le ressent quand on en a besoin. Et c’est bien une des choses les plus riches de notre existence. Se montrer qu’on est capable, qu’on est vivant et qu’on ne s’enferme pas dans un quotidien dicté.

 

Je me demande souvent ce que vous ressentez quand vous me lisez. J’espère que c’est bien. Aussi bien que ce que je ressens quand je vous écris.

Prenez soin de vous.

Camille

Les

commentaires (2)

leslie
19 janvier 2015
En cas de besoin je suis très partante pour t'adopter Des fois que tu contamines mes enfants
Camille
20 janvier 2015
ah ah ah

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