Day 19 – Planter sa tente à Big Sur

24.08.15

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Je vous écris de ma chambre à Los Angeles. Si j’avais grandi ici, c’est exactement la chambre que j’aurais rêvé avoir. Elle est grande, toute blanche, haut plafond. Des miroirs sur tout un pan de mur.  Une énorme fenêtre sur un autre. Des meubles en bois blanc vieilli. Une petite coiffeuse avec un siège recouvert d’un tissu à rayures gris et blanc. Un grand lit très haut et des draps en lin lavé beige. Et il y a un bout de lit en bois avec les pieds blancs. Je l’aime tellement que j’ai presque envie de ne pas en sortir. Et paradoxalement, cela m’a donné envie de retrouver ma maison.

Je suis chez Vickie et j’occupe la chambre de sa fille (« She’s in college now »). Vickie a les cheveux longs raides et blancs. Elle est belle et lumineuse. Elle est styliste. Elle a une grande maison avec quatre chambres qu’elle loue sur Airbnb. Il y a donc plein d’autres gens ici qui viennent pour des périodes temporaires.

Je viens d’arriver à Los Angeles. Enfin non. Je suis arrivée à Los Angeles vers 12h mais j’ai mis plus de trois heures pour traverser la ville. Embouteillages. J’étais hyper excitée d’arriver mais pour l’instant je n’ai pas aimé ce que j’ai vu. Je préfère ma chambre.

Je vous ai laissé à Carmel, vendredi soir. J’ai dormi chez Lisa. Et j’ai repris la route samedi matin pour aller à San Luis Obispo. La route qui relie Carmel à San Luis Obispo est la plus belle route que j’ai jamais empruntée. Surtout la partie qui traverse Big Sur. C’était magnifique, j’ai envie de le refaire. Toujours la route qui longe la côte. La mer à droite. Et des falaises, des forets, des collines à gauche. Ca monte dans les hauteurs, on tourne autour des montagnes et on passe sur des ponts suspendus dans le vide au-dessus de la mer.

Il faisait très gris, le ciel très bas. J’avais plus l’impression de me balader sur une carte postale de paysages irlandais. Que d’être en Californie. Et j’ai adoré ce contraste. Continuer à être surpris par la vie. La Californie n’est pas que des palmiers et des ciels bleus.

Sur la route de Big Sur. Il n’y a pas de réseau. Pas du tout. Pas même une mini-barre. Mon téléphone a affiché « No Service » pendant presque deux heures. J’étais partagée entre 1/ C’est génial de vivre ce moment à l’ancienne, pas de connexion, pas d’interaction digitale, de partage ou de likes ou de mails publicitaires. Et 2/ Ok, on ne panique pas. Pas de GPS. Pas de réseau. Il ne va rien m’arriver. Il ne va rien m’arriver. Il ne va rien m’arriver.

Finalement, il n’y avait que ma voiture, la nature et moi. Et c’était magique. Je n’ai pas été angoissée une seconde. J’ai même pensé, à un moment, que ce serait une belle mort de tomber dans un ravin ici. (Pardon, je sais, c’est glauque).

Je me suis concentrée sur la route. J’ai repensé aux leçons de conduite de mon père. Camille, tiens tes trajectoires. Prends tes virages de l’intérieur. Le passager ne doit jamais sentir que tu prends un virage. (Mais moi, je n’ai pas de passager). Ne freine jamais dans le virage. Ca m’a aussi rappelé mon professeur de danse classique, Brigitte. Qui pendant quinze ans de ma vie, m’a répété trois fois par semaine, trois cent fois par cours. Camille, tiens tes bras.

Passé Big Sur. Le réseau est revenu. Le soleil est revenu. Et la nature d’Irlande est partie. C’était moins magique. J’ai monté le son et j’ai roulé tranquillement jusqu’à San Luis Obispo.

J’avais aussi loué une chambre à San Luis Obispo sur Airbnb. La chambre d’une française qui s’appelle Camille. Drôle de coïncidence. C’est son colocataire, John, qui s’est occupé de tout organiser. Dans son dernier message, il me dit qu’il ne sera pas là du weekend. Qu’il n’y aura sûrement personne dans la maison. Et qu’il m’a laissé une clé dans le pot de fleurs à gauche en rentrant. J’ai trouvé ça bizarre mais pourquoi pas. Finalement, il y avait Felix. Qui m’a ouvert la porte. Et que je n’ai plus jamais revu.

Je me suis réveillée tôt. Je suis partie tôt. J’avais hâte de reprendre la route. Je suis passée au Starbucks boire un thé. Et j’ai dit adieu à San Luis Obispo. Une petite ville très mignonne mais pas très intéressante comparée à la nature de Big Sur ou à l’excitation de Los Angeles.

Il faisait gris et froid. Encore. J’ai listé dans ma tête toutes les expressions françaises qu’on utilise pour dire qu’on a froid. Quand on voyage seul, on a plein de temps pour penser à des trucs inutiles. Et j’ai élu « Je me caille les miches » comme la meilleure.

Ce qui était cool malgré tout. C’est que je voyais le soleil arriver au loin. Et les degrés augmenter sur l’écran du tableau de bord. Cela me donnait l’impression de voyager dans le temps. (Sans mauvais jeu de mot).

Je suis arrivée à Santa Barbara vers 10h. Tout le monde m’a parlé de Santa Barbara. La série, tout ça. Mais je n’avais pas envie de m’y attarder. Juste d’y prendre un rapide petit déjeuner. Et c’était le meilleur petit déjeuner de tous les temps. Vous avez entendu parler des « acai bowls » ? Je ne pourrais pas vous dire ce que c’est exactement, je n’ai même pas demandé. On vous sert un bol avec au fond une mixture glacée de fruits frais et d’acai. Au milieu, des granola et des amandes caramélisées. Au dessus, des fraises, des bananes, des groseilles et des baies de goji. L’endroit s’appelle Backyard Bowls, si vous passez dans le coin. C’est dingue. J’ai trop envie d’en ouvrir un à Paris.

J’ai repris la route. Jusqu’à Los Angeles. J’étais impatiente d’arriver. Et de voir à quoi cela ressemblait en vrai. Et puis. Il y avait tellement d’embouteillages. Je commençais à avoir des crampes dans ma cuisse droite. Et un coup de soleil sur le front (je sais, y’a pire comme problème). J’ai essayé de me balader un peu, mais impossible de me garer. Tout prenait un temps infini. Vous savez, c’est le genre de configuration où si tu te trompes de rue, tu es foutu. Car il y a tellement de monde partout que tu restes bloqué des heures. Alors. Je me suis dirigée vers la maison de Vickie. En pensant que demain c’était lundi, que les gens retourneraient travailler. Et que tout serait facile et merveilleux.

Je vous embrasse bien fort,

Camille

NB : La photo, c’était chez Lisa à Carmel. La maison aux éléphants et aux tapis.

Les

commentaires (3)

Tavernier marianne
25 août 2015
Salut Camille, c est marianne, une de tes baby sitter des romarins. Je ne sais pas si tu sais mais je vis à Los Angeles, ça me ferait plaisir de te voir. Je ne sais pas si tu es encore la et combien de temps tu restes, mais si tu as le temps et l envie , on habite dans le quartier de los feliz. Viens nous voir quand tu veux. Mon tel: 323 481 1907.
Dominique
23 février 2016
Big Sur c est un endroit magique. Dommage d'etre passee en coup de vent. Au moins - une nuit au state park - une apres midi a Pfeipfer beach ou mieux la ballade jusqu'aux Sykes Hot springs. Pour la prochaine fois
Camille
23 février 2016
Hello Dominique, j'avais déjà envie d'y retourner mais encore plus en lisant ton commentaire ! Je garde tes conseils précieusement. Merci ;-)

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