La mentalité de Looser

20.03.16

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J’ai souvent pensé que tout arrivait tout seul. Que les choses tombaient du ciel. Que le chemin était tracé. Que ce qui devait m’arriver finirait par m’arriver. Et que les choses que je voulais fort mais que je n’avais pas ne m’étaient finalement pas destinées. Qu’il suffisait d’être une bonne personne. Courageuse et bienveillante comme disait la mère de Cendrillon (on a déjà dit qu’on ne jugeait pas mes références, merci d’avance). Et que le reste viendrait de lui-même. Entendons-nous bien. J’avais une mentalité de looser.

Cette petite voix intérieure qui me disait de ne pas m’inquiéter. Tout finira bien. J’aurai ce que je mérite. Le corps de Kate Moss, la carrière de Steve Jobs et les enfants de Victoria Beckam (je prends David aussi, bien entendu). C’est le karma. Etre passif en faisant confiance au destin. Le Dieu en lequel je ne crois pas me remerciera un jour et fera en sorte que tous mes rêves se réalisent. Oui oui oui.

Sans vouloir me justifier outre mesure. Cendrillon est restée cloitrée en pyjama toute sa vie dans un donjon miteux à faire le ménage et a quand même fini : 1/ princesse 2/ dans un château 3/ mariée au mec le plus sexy de son village.

C’est d’ailleurs une question qu’on se posait Alfred* et moi, la semaine dernière. (*Le nom a bien sûr été modifié pour des soucis d’anonymat et de préservation d’ego). A savoir : si un génie te proposait de réaliser un souhait, et que tu avais le choix entre le job de tes rêves, l’homme (la femme) de tes rêves et l’appartement de tes rêves. Lequel choisirais-tu ?

Je sais, pas facile. Et plus largement. Si un génie vous proposait de réaliser trois souhaits, lesquels choisiriez-vous ? Faites vraiment l’exercice. Projetez-vous. Moi j’ai les miens. Vous, quels sont vos rêves ? Quelles sont vos envies profondes ? On ne se parle pas de vos vacances d’été ni du sac que vous rêvez d’avoir pour votre anniversaire. Non, je vous parle du fond, du profond, de ce que secrètement vous avez toujours rêvé d’accomplir, de ce qui vous rendrait fier, de ce que vous voulez qu’on raconte à vos petits-enfants. Logique primaire et loi de l’attraction. C’est bien sûr en commençant par nommer nos objectifs qu’on a une chance de les atteindre.

Gardez ça dans un coin. Je reviens à ma mentalité de looser.

La mentalité de looser, c’est une addition subtile d’ego et de manque de confiance. C’est croire fort en son talent (quelqu’il soit) sans pour autant avoir assez confiance pour aller le vendre au monde entier. C’est penser constamment qu’on mérite mieux sans jamais se donner les moyens d’avoir mieux.

C’est notre copain démotivé qui reste bosser dans une boite moyenne, avec un job moyen et un salaire moyen sans avoir le courage de chercher ailleurs. C’est notre copine célibataire qui se plaint constamment d’être seule sans jamais vouloir rencontrer qui que ce soit. On en connait tous. On en a tous autour de nous. On l’est surement aussi nous-mêmes par moment.

Exemple facile : J’adorerais être super en forme dans mon corps, athlétique, pouvoir faire des pompes tranquille, des abdos en béton, pouvoir aller courir les écouteurs sur les oreilles, dans les bois et vraiment passer un bon moment (il parait que c’est possible). Et accessoirement, être super bien gaulée. Vous aussi ? Moi, la dernière fois que j’ai été courir, l’année dernière. Combien de temps je tiens en planche, 6 secondes. Combien je fais de pompes, même pas une.

Alors ce qui est vrai. C’est qu’il est difficile d’être sur tous les fronts en même temps, hein. On est souvent mono-tâche dans les grands moments de notre vie. Pour ma part, j’ai en effet beaucoup de mal à écrire un bouquin qui sera primé, convaincre James Franco de m’épouser et être prof de yoga à Bali. Tout ça, en même temps. J’ai, comme vous, 24h dans mes journées (dont 10 passées à dormir) (3 à manger) (3 à glander), un loyer à payer (accessoirement), des séries à regarder (ça compte), et plein de verres à boire avec mes êtres aimés. Le temps que je passe à réaliser mes rêves dans une journée : 0.

Mais il m’est arrivé d’avoir des périodes de lucidité. Courtes périodes. Prise de conscience profonde. Bouge-toi, personne ne va venir sonner à ta porte. Et c’est un état d’esprit que j’essaie de maintenir depuis le début de l’année. Rappelez-vous que 2016 doit être majestueuse.

Et puis. Vendredi pour la première fois, on m’a contacté pour écrire. Etre payée pour écrire. On va me payer pour ce que j’écris. (Emotion à son paroxysme) (Larmes d’accomplissement) (Danse de la victoire sur California Dreamin). Je ne dis pas que c’est mon rêve qui se réalise. Non, la vie m’a malheureusement faite plus ambitieuse et trop souvent insatisfaite. Mais je dis que c’est une première étape. Et que si j’étais restée dans l’attente, eh ben. Je serais toujours en train d’attendre.

Notez vos souhaits du génie. Quels sont-ils ? On s’en fout de là où on en est dans notre vie. Ce n’est pas en sortant de l’école qu’on trace son chemin. Je suis convaincue qu’on le dessine tout au long de sa vie. On peut changer, on peut se tromper, on peut recommencer. Rien de tout cela n’a d’importance. Ne nous trouvons pas d’excuses plus longtemps. Donnons-nous la vie qu’on mérite. Luttons ensemble contre la mentalité de looser.

Je vous laisse, je vais faire la sieste. (Le dimanche, on a le droit) (non ?).

D’un looser à un autre,

Camille

Les

commentaires (1)

La quête d’utilité - CAMILLE'S BREATH
15 mai 2016
[…] La mentalité de Looser […]

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