Pourquoi j’achète tous mes jeans trop petits

06.05.16

pourquoi j'achète tous mes jeans trop petits - camillesbreath

Il y a quelques mois. J’ai été acheter un jean chez April 77. Je savais exactement lequel je voulais. Je suis arrivée dans le magasin super déterminée. Et super excitée à l’idée de vivre avec une nouvelle version de moi dans un nouveau jean (comme à chaque fois que j’achète des fringues).

Jusqu’à ce que le vendeur me dise qu’il n’y avait plus ma taille. Et que la prochaine taille disponible était trois tailles au-dessus. J’ai à peine râlé. Mon monde intérieur ne s’est pas écroulé de frustration. Je me suis juste vue lui répondre : « Très bien, j’en ai marre d’acheter des jeans trop petits ».

J’ai essayé le jean qui bien sûr m’allait très bien. Forcément, trois tailles au-dessus. Je l’ai enfilé tranquillement sans aucune difficulté, ni sans suer à grosses gouttes dans la cabine. Le vendeur m’a dit que bien sûr il m’allait très bien. Forcément, tous des vendus les vendeurs. Et je suis partie avec mon jean trois tailles trop grand sous le bras. Contente de ne plus me rabaisser à des standards de filles rachitiques photoshopées en couverture de magazine. Contente de me rebeller. Contente d’assumer acheter un jean plus grand que ma taille.

Mon jean April 77, je l’adore. Mais je ne l’ai jamais mis. A chaque fois que je l’enfile, psychologiquement je me trouve obèse. Obèse dedans et obèse tout court. Car il est trois tailles trop grand. Du moins, trois tailles plus grand que mes autres jeans.

Mes autres jeans. Ils me vont tous trop petit. Faut dire ce qui est. C’est la base d’un jean stretch et slim. Quand tu l’achètes, c’est comme un jeu de résistance dans Fort Boyard. Tu essaies la taille en-dessous. Et encore en-dessous. Et encore. Jusqu’à ce que tu ne puisses plus bouger dedans. Là tu es contente. Le vendeur te dit, sans jamais aucune exception : « Ne vous inquiétez pas, il va se détendre ». Et toi, tu lui souris en lui assurant que tu le sais déjà. Bien sûr que tu le sais.

Les jeans se détendent. C’est une certitude. De là à dire qu’ils se détendent assez pour que tu sois bien de dedans, il y un grand pas. Un énorme pas. Un aller-retour jusqu’à la lune, détente.

J’exagère quand même. Il doit bien y avoir une semaine dans l’année où je me sens bien dedans. La semaine où, tu ne peux pas l’expliquer, et en même temps tu ne cherches pas vraiment à comprendre, tu te contentes de profiter. La semaine où sans prévenir tu as perdu un kilo. Là je suis bien dedans. J’enfile mes jeans tranquille. Ils me vont un peu grand, ils me descendent un peu plus bas sur les hanches, je me sens bonne. C’est l’alu.

Les 51 semaines restantes. Soit 358 jours par an. Je souffre.

Je souffre le matin. Alors que le réveil est déjà d’une violence absolue et qu’on a juste envie d’entrer dans la partie active de la journée en douceur. Je me vois passer 10 secondes très anxiogènes sur le choix de mon jean. Ils sont tous différents bien sûr, chacun avec des + et des -. Comme tout dans la vie. Mais ils ont quand même tous un point commun, ils me compriment. Je souffre ensuite quand je m’assois. Pour peu qu’il soit taille haute, je ne peux carrément presque plus respirer. Je souffre après déjeuner. Bien entendu. Je souffre même le soir quand je l’enlève et que j’arrache en même temps toute la couche supérieure de la peau de mes jambes. Plus besoin de gommage, hein.

L’année dernière. Juste avant l’été. J’ai voulu acheter le même jean qu’une copine. Un jean noir déchiré aux genoux, jusque-là rien d’extraordinaire. Elle me dit qu’elle l’a acheté chez H&M. Ravie de ne pas devoir y laisser un demi-salaire, je cours chez H&M. J’en fait deux ou trois, je rentre bredouille. Je finis par le commander sur le site. Toujours un vrai cas de conscience de commander un jean sur internet. Comment on choisit la taille ?

Je l’ai reçu, je l’ai essayé. J’étais à deux doigts de devoir m’allonger sur mon lit pour le fermer à la taille. J’appelle ma copine qui me dit. Oh mais c’est totalement normal, surtout ne le prends pas plus grand, il va se détendre (comme par hasard). Et elle ajoute : « Moi quand je l’ai acheté, il était tellement serré que j’avais les hanches toutes égratignées ». Totalement normal comme pratique.

Vous pourriez me dire. Et ce serait d’une logique implacable. Qu’il me suffirait d’acheter mes jeans juste une taille au-dessus. Je sais. J’y ai déjà pensé figurez-vous.

Mais à chaque fois que je vais acheter un jean en me disant de ne pas le prendre trop petit. Je me fais toujours avoir par le « il va se détendre ». Toujours.

Vous pourriez me dire aussi. Qu’il me suffirait de perdre un kilo définitivement. Forcément, si on ne change pas le contenant, il suffit de changer le contenu.

Mais quand je maigris. Et que mes jeans me vont trop grands. Je ressens le besoin d’aller en acheter un autre, à ma nouvelle taille, comme pour me récompenser du dur labeur du régime. De l’horrible labeur.

Je me vois donc dans une impasse. Qui, soit dit en passant, ne m’empêche absolument pas de dormir.

Et vous ? Racontez vos histoires de jeans. Vous aussi, vous souffrez dedans ?

Superficiellement vôtre,

Camille

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