A propos des compromis et des concessions

22.05.16

A propos des compromis et des concessins - camillesbreath

Il y a quelques jours, on m’a fait remarquer que j’étais une personne négative. Je vous jure. Et j’ai vraiment détesté ça. Moi, négative ? Le comble. Et puis, j’ai réalisé que. En un sens, c’était vrai.

Que si au fond de moi, je suis portée par des convictions optimistes, bienveillantes et ultra-positives. Dans mon quotidien, le fait de vouloir toujours mieux, d’avoir cette si forte aspiration à me réaliser et à réaliser mes rêves. Me rend pessimiste à l’égard de ce que j’ai déjà. Jamais contente. Jamais assez. Toujours envie d’aller plus loin.

J’ai réalisé que je faisais rarement de compromis, et jamais de concessions.

Faire des compromis et des concessions. Je ne sais pas pour vous. Mais pour ma part, c’est un truc que j’ai entendu depuis l’enfance. Comme un prérequis à une bonne vie de couple, à de bonnes relations avec les gens et à une vie heureuse. Comme une menace sous-jacente. Si tu n’en fais pas, tu finiras seul et malheureux et détesté de tous. J’exagère à peine, hein.

J’ai toujours acquiescé. Mais je n’ai jamais ni accepté ni obéi ni même compris. Sans même m’en rendre compte d’ailleurs. Si vous m’aviez posé la question encore hier, je vous aurais surement répondu que j’étais la fille qui faisait le plus de compromis au monde. Alors qu’en fait, je suis plutôt du genre à ne jamais rien lâcher.

Compromis et concessions. Pas plus l’un que l’autre. Quoique compromis repose quand même sur un dialogue et une situation d’équilibre. Quand concession fait juste chier. Ne mâchons pas nos mots. Faire des concessions, c’est donner des trucs qu’on n’a pas envie de donner sans jamais rien avoir en retour.

Compromis et concessions. Ca a toujours résonné en moi comme : s’arrêter à une situation moyenne alors que tu peux continuer et avoir mieux.

C’est d’ailleurs pas pour rien que Larousse nous dit. Compromis : 1- Action qui implique des concessions réciproques (jusque là ok, j’ai rien à dire), 2- Moyen terme, état intermédiaire (mais là, j’ai bien envie de la ramener).

Pour concession, Larousse dit : 1- Abandon d’un avantage, d’un droit, d’une prétention, 2- Fait de concéder quelque chose à quelqu’un, d’accorder un point à un adversaire. Ai-je besoin de revenir sur abandon et adversaire ?

Continuons, ne nous arrêtons pas en si bon chemin lexical. Etre compromis. C’est risquer très fortement d’échouer. Et puis. Compromettre. C’est diminuer les possibilités de réussite de quelque chose ou de quelqu’un.

Toutes ces définitions viennent du dictionnaire Larousse et ont été recopiées au mot près. Parole de scout. Retourner à l’origine des mots, c’est souvent très instructif. Et là, disons-le, jouissif. De réaliser que dans compromis et concession, il n’y a finalement que du négatif. De l’échec, de l’adversaire, de l’abandon, du moyen et de l’intermédiaire.

Donc depuis petite. Mon caractère et moi, on s’est toujours demandé pourquoi. Pourquoi faire des compromis et des concessions ? Pourquoi se contenter d’une situation moyenne quand on peut continuer à se battre et aller plus loin ?

Perfectionniste pour moi mais aussi pour les autres. On a souvent eu tendance à me répéter la même expression. Un truc qui me revenait en pleine face à chaque fois. Une expression débile mais que les gens semblent adorer. « Camille, le mieux est l’ennemi du bien. »

J’ai toujours acquiescé mais je n’ai jamais accepté. Comment le mieux peut-il être l’ennemi du bien ? C’est débile. Si je peux avoir mieux, pourquoi me contenter de quelque chose de bien ?

Le mieux n’est pas l’ennemi du bien. Ce n’est pas la bonne question à poser. (Même si ce n’est pas une question). La bonne question à poser, c’est : est-ce que ce qu’on va sacrifier pour avoir mieux nous donnera un résultat d’ensemble vraiment mieux que le bien ?

Le fait de vouloir toujours mieux. De ne pas faire de compromis ni de concessions. Nous fait aller toujours plus loin. Forcément. Mais est-ce que le sacrifice (le temps, l’énergie, l’argent peut-être, les gens) qu’on fait en chemin en vaut la peine ? Est-ce que la fin justifie-t-elle vraiment les moyens ?

Je n’ai pas les réponses. Cela dépend du projet, de ce qu’il y a à sacrifier, de ce qu’il y a au bout du chemin aussi.

Ce que je me dis. C’est que pendant qu’on se bat à vouloir mieux, on ne se contente pas de ce qu’on a. C’est l’erreur classique de préférer la destination au voyage. Et moi, j’adore les voyages.

Ce que je me dis. C’est qu’on peut être content de ce qu’on a dans le présent tout en se donnant les moyens d’avoir mieux dans le futur. Ce n’est pas incompatible. Il ne faut pas obligatoirement être insatisfait pour réaliser de grandes choses. Il faut juste en avoir envie.

Ce que je me dis aussi. C’est que faire des compromis et des concessions, il ne faut pas en voir la perte sur le moment mais en tirer la tranquillité d’esprit ultérieure.

Ce que je me dis enfin. C’est que faire des compromis et des concessions pourrait finalement rendre heureux dans le présent sans dénaturer forcément ce qu’on aura dans le futur.

Réaliser ses rêves tout en aimant son présent.

Je vous embrasse bien fort, sans compromis ni concession.

Camille

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