Je suis bipolaire du moral

07.06.16

je suis bipolaire du moral - camillesbreath

Quand je pense à mon optimisme et à mes rêves, j’ai une image très nette dans ma tête. Dans la télévision que j’ai dans la tête, c’est ce que je disais quand j’étais petite. Je vois une maison à Bali au milieu des plantations de thé. Il ne fait pas très beau, il fait juste bon. L’air est paisible, la maison est calme, le temps prend son temps. Il y a une petite fille avec moi et un chien allongé sur la terrasse. Il n’y a pas grand chose dans ma maison. Des livres, des rires d’enfants tranquilles, le bruit du vent dans les arbres, un ordinateur posé sur la table et un wifi capricieux.

Je n’ai jamais été à Bali et finalement peu importe. Peut-être que mon image n’a rien à voir avec Bali. Peut-être que c’est mon Bali à moi, ce que j’aimerais que cela soit quand j’irai. Peut-être que c’est justement parce que je n’ai jamais été que j’ai toujours l’impression que c’est là-bas qu’il faut que je sois.

Cette image est comme un rêve, de ceux qu’on fait quand on dort. Un rêve qu’on ne doit pas prendre dans son sens littéral. Je n’ai pas le sentiment de devoir prendre le premier avion pour Bali, adopter un chien et avoir une petite fille dans la seconde. J’ai par contre le sentiment que tout ce à quoi j’aspire est représenté dans cette image. Le calme, la sérénité, la nature, la simplicité extrême, la famille. L’équilibre.

Il y a cette image qui me revient comme un mantra. A chaque fois que mon esprit dérive. Il arrive que mon image soit un peu différente, un peu plus lumineuse, un peu plus colorée, un peu plus animée. Il y a cette image. Et puis, il y a le quotidien.

Dans mon quotidien, en ce moment, il y a la crue de la Seine. Les embouteillages. La météo de novembre au mois de juin. Le manque cruel de soleil et de vitamine D. Les inondations. Les crocodiles du bois de Vincennes qui s’évadent par les égouts (parait que c’est possible). Les grèves. Les manifestations. Le terrorisme sous-jacent. La morosité généralisée. Le stress. La fatigue. L’énervement. Et puis, ma télé qui ne marche plus.

Entre mon image et mon quotidien. Il y a cette dichotomie si forte qu’elle me rend schizophrène.

Alors. Il y a les matins du pourquoi. Des matins passifs et lents. Des matins pour rien, sans raison ni fin (Jean-Jacques, je te salue). Ces matins où on se réveille avec déjà l’envie de râler. A peine on a ouvert les yeux, on trouve déjà que le monde va mal, que la vie est merdique et que les gens sont des connards. (Sans exagération, bien sûr). Les matins du pourquoi sont les matins où on est submergés par le quotidien.

Et puis, il y a les matins du pourquoi pas. Des matins hyperactifs et enthousiastes. Des matins tout tranquilles et sereins (Jean-Jacques, je te salue). Ces matins suivent généralement une bonne nuit (on dira pas de quoi), on se réveille avec cette envie de changer le monde, de rendre les gens heureux et de laisser sa trace. Mais généralement, on est quand même beaucoup plus individualiste, on se réveille juste avec l’envie de réduire la distance entre l’image qu’on a de sa vie et le quotidien. Vous avez une image, vous aussi, pas vrai ?

Pour passer d’un matin du pourquoi à un matin du pourquoi pas, il suffit généralement d’un signe. Quelque chose d’infime, c’est certain (Jean-Jacques, je te salue). Pour ma part, il me suffit de penser à Steve Jobs. Ou de relire toutes les citations accrochées sur le mur de mon bureau. Du type : « There is no passion to be found in settling for a life less than the one you are capable of living », Nelson Mandela. Ou de me projeter dans 50 ans en train de raconter ma vie à mes petits-enfants. Chacun ses techniques. Trouvez les vôtres.

Ce qui est vrai néanmoins. C’est que, bien plus que d’avoir des matins du pourquoi et des matins du pourquoi pas. Il arrive que le pourquoi se transforme en pourquoi pas (ou inversement) dans une même journée, un même moment, parfois même une même minute.

Pour ma part, j’ai souvent des matins du pourquoi et des soirs du pourquoi pas. Mon pourquoi pas fait souvent surface pendant ma journée par petites touches, il vient taper à la porte dans un petit coin de mon esprit mais mon pourquoi n’a pas toujours le temps de lui ouvrir. Le soir, mon pourquoi se casse dans des contrées profondes et mon pourquoi pas festoie.

C’est généralement le soir que j’écris (c’est pour ça que vous me voyez comme une personne super positive alors que mes collègues pensent que je suis la personne la plus négative au monde). C’est généralement le soir que je planifie tous les plans d’action de réalisation de ma vie. En me disant. Je les réaliserai demain car bien sûr, la nuit tout le monde dort. Mais comme j’ai des matins du pourquoi, vous voyez, je m’en sors pas.

Je pense à mon image. Je suis à Bali au bord de ma piscine. Et je vous embrasse bien fort.

Camille

NB : Ce post a été écrit en étroite collaboration avec le fan-club de Jean-Jacques Goldman.

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