I am going home to myself

13.02.18

-English version below-

 

Chers vous,

 

Je vous écris de mon nouveau chez moi, je suis assise à l’extrémité d’une grande table en bambou, les baies vitrées qui donnent sur le jardin sont grandes ouvertes et le rideau danse avec le courant d’air. Tout est calme et paisible. Juste les bruits de la nature, des animaux qui m’entourent, du vent dans les palmiers et aussi du ventilateur au-dessus de ma tête.

Il y a deux semaines exactement, à la même heure, je finissais de vider mon appartement, faire un dernier tour pour voir si je n’ai rien oublié, prendre quelques secondes pour contempler l’espace vide, vidé des quatre ans que j’ai vécu là, vidé de mes affaires, vidé de moi, claquer la porte, ne pas me retourner. Je n’avais aucune idée de ce qui m’attendait, ni véritablement de pourquoi je le faisais, juste ce sentiment profond que c’était la seule chose à faire. Partir.

Bien sûr, je me suis projetée avant mon départ, j’ai essayé d’imaginer ce que serait ma vie là-bas, ce que je ferais de moi, quel équilibre j’allais construire et comment je pourrais me sentir. Je me sens encore plus heureuse à cet instant que j’aurais pu l’imaginer. Cela me rend d’autant plus heureuse de savoir que j’ai cette petite voix en moi qui me dit quoi faire et qui (apparemment) ne se trompe pas. Qu’il suffit de l’écouter pour savoir où aller. Écouter son instinct, écouter son coeur. Et que malgré ce qu’on peut penser, ce n’est pas inné. Ça s’apprend. Apprendre à entendre, apprendre à écouter, apprendre à comprendre. L’instinct, ça se travaille, ça s’aiguise, ça demande de l’entrainement. Et après ça, juste de la confiance.

 

Ces deux dernières semaines ont été mouvementées, et paisibles en même temps. J’ai visité des tas de maisons. En vrai, juste quatre (mais quand même). C’était sûrement la partie la plus stressante. Trouver un nouveau chez moi. Un endroit où je me sente vraiment bien. J’en ai pas dormi les premières nuits, je rêvais de maisons et de visites de maison, de colocataires bizarres, de gens que je connaissais qui n’avaient rien à faire là et d’animaux en tout genre. La première maison que j’ai visitée n’a pas aidé, elle puait tellement l’humidité que mes vêtements étaient mouillés en sortant. La deuxième était magnifique mais perdue au fin fond d’un chemin en terre à travers les rizières. Véritablement, j’aurais pu mourir là-bas, on ne m’aurait pas retrouvée avant six mois. La troisième était peuplée de gens étranges, dont une blonde qui parlait toute seule en russe en tirant des cartes de voyance et fumait clope sur clope, et un mec habillé en cycliste du Tour de France au bord de la piscine. Cela ne faisait que quatre jours que j’étais arrivée mais je sentais déjà que cela promettait d’être long et compliqué. Cela demandait de la patience, on ne trouve pas un nouveau chez soi comme ça. Mais j’avais hâte, je n’attendais que ça. Commencer à m’installer, trouver une nouvelle routine, un quotidien, je ne suis pas venue à Bali en vacances, j’ai envie d’aller faire les courses, d’avoir des clés, de dire « je rentre à la maison », de trouver une place à chaque chose, ranger mes affaires, cuisiner aussi, et surtout avoir le sentiment d’être chez moi.

Et puis, un matin, j’ai envoyé un message à une fille sur Facebook, qui disait être photographe freelance à Bali et voulait rencontrer des gens. Il y a des dizaines de groupes sur Facebook d’expats à Bali, et véritablement des centaines de posts de ce genre tous les jours. Mais c’est elle que j’ai choisie, Stephi. Elle m’a répondu tout de suite en disant qu’elle avait trouvé une villa incroyable, qu’elle avait négocié un prix incroyable, mais qu’elle venait de perdre sa colocataire. Elle m’a demandé si je pouvais venir dans l’heure pour visiter la maison. L’urgence dans son message m’a mis mal à l’aise. Je ne connaissais rien de cette fille, elle ne connaissait rien de moi, comment savoir. J’y suis allée quand même, bien sûr que j’y suis allée. J’ai rencontré Stephi, j’ai rencontré la maison. Je suis rentrée faire ma valise pour emménager le lendemain.

 

Je vis donc dans une villa immense, vraiment immense. Ma chambre est immense. Ma salle de bain est immense. Le salon est gigantesque. La cuisine fait la taille de mon ancien appartement. Le jardin est si beau. Ma chambre donne sur la piscine. Et quand je pousse le portail, je suis dans les rizières. Je suis en pleine nature et en même temps à cinq minutes du centre d’Ubud. Je suis en pleine nature, entourée d’animaux en tout genre. Des lézards, des geckos, des escargots, des grenouilles partout, des araignées par milliers, des oiseaux qui chantent du soir au matin, un petit chat qui se balade tranquillement. Et je me sens bien. Ce matin, j’ai même sauvé un énorme cafard qui s’était coincé entre deux portes. Je me rappelle de la version de moi qui avait peur du moindre bruit inhabituel, de la moindre petite bête. Je ne pourrais pas vous dire que j’ai changé, ni que je me suis habituée à ce qui m’entoure. Je vous dirais plutôt que j’ai lâché. J’ai lâché prise. Ce n’est pas une peur viable, la peur de la nature. Nous sommes la nature. Je n’ai plus peur d’Arthur, le gecko qui vit dans ma salle de bain et me fixe quand je prends ma douche. Je n’ai plus peur des lézards qui chassent les moustiques sous les charpentes. Je n’ai plus peur d’entendre les grenouilles dans la rivière d’à-côté. Il y a tellement de bruits d’animaux différents, les sons de la nature, ou plutôt le silence la nature. Et il est souvent difficile de savoir ce qui est à l’intérieur de la maison et ce qui est à l’extérieur. Mais finalement, cela n’a aucune importance. Ceci étant, il est probable que je ferai moins la maligne quand je trouverai un serpent dans ma baignoire.

 

Je suis à cinq minutes du centre d’Ubud. Cinq minutes en scooter. J’ai appris à conduire un scooter et c’est probablement une des choses que j’aime le plus depuis que je suis ici. L’indépendance que cela me procure, le vent dans mes cheveux et ce sentiment d’incroyable liberté. Je suis tellement excitée de conduire que je suis prête à aller faire la moindre course. J’adore ouvrir la selle et trouver mon casque, j’adore tourner la clé dans la serrure et démarrer, j’adore le moment où je prends assez de vitesse pour pouvoir ranger mes pieds, et le sourire qui s’inscrit sur mon visage.

Stephi m’a appris à conduire. On se connaissait depuis deux jours. Elle a fait le tour des loueurs avec moi, elle a négocié le prix avec moi, elle a pris des photos et vérifié que tout marchait correctement. Elle m’a emmenée sur un petit parking, et elle m’a appris à conduire. Quinze minutes plus tard, elle m’a proposé d’aller faire un petit tour sur des routes toute tranquilles. Elle roulait devant moi, tout doucement. Elle prenait des virages pour que j’apprenne à tourner. Elle m’a même suivie en scooter jusqu’à mon cours de yoga, pour vérifier que je me sentais en sécurité. Ce matin, on s’est levé aux aurores pour aller au marché. En partant, elle m’a dit qu’elle allait monter derrière moi, pour que j’apprenne à conduire à deux. Je pense que je ne l’aurais pas fait. Je pense que je ne serais jamais montée derrière une conductrice super débutante, dans un pays super lointain. Et pourtant, elle était détendue et confiante. Elle est montée derrière moi à l’aller. Elle est montée derrière moi au retour, avec les douze sacs de fruits et légumes qu’on venait d’acheter. Il y a comme ça des gens qu’on vient de rencontrer et qui changent notre vie à jamais. Elle n’attendait même pas un merci en retour. Elle n’attendait rien. Cela lui paraissait normal et naturel.

 

J’en parlais avec mon frère hier. Je lui disais que j’avais toujours eu le sentiment d’être une fille gentille à Paris. Il m’est même déjà arrivé d’avoir le sentiment d’être trop gentille. Trop à l’écoute, trop prête à vouloir aider les gens, que ce n’était pas toujours bien reçu, bien perçu. Mais qu’ici, ce n’est rien. Rien du tout. Je ne suis même pas la moitié gentille de ce que les gens sont autour de moi.

La gentillesse va de soi, par nature. Nous partageons tous le même monde, il parait évident que nous avons tout à gagner à  nous aider et à grandir ensemble. Pourtant, c’est comme si, à un moment donné, on désapprenait à être gentils. C’est comme si j’avais désappris à être gentille. Je m’étais dit que ça valait pas le coup, que tout le monde se débrouillait seul, que je me débrouillais seule. Qu’on en arrivait à un point où la gentillesse était questionnée, et ça parait complètement dingue. Que si tu es gentil, on va se demander si tu n’attends pas quelque chose en retour, si tu n’as pas de mauvaises intentions, ou si tu n’y accordes pas un peu trop d’importance. Le jugement. Je pense véritablement qu’à un moment donné, j’ai arrêté d’être gentille par peur de ce qu’on pourrait en penser. La gentillesse ne parait plus normale, elle parait bizarre.

Je réapprends à être gentille. Et cela me parait si naturel. C’est comme rentrer à la maison. Retourner à ma nature profonde, à notre nature profonde. L’humanité même, tendre la main, écouter, aider, passer du temps. La gentillesse n’a rien à voir avec l’argent. Quand Stephi m’a appris à conduire, mon premier réflexe a été de me dire que j’allais lui faire un cadeau pour la remercier. Non. La gentillesse n’attend rien en retour. Prendre ce qu’on nous donne, apprendre à recevoir. Et donner à un autre moment, peut-être même à quelqu’un de différent.

 

J’ai souvent pensé que la société nous empêchait d’être qui nous sommes vraiment. Qu’elle nous coupait de la nature, qu’on en venait à avoir peur des animaux ou de marcher pieds nus dans la boue, qu’on ne savait plus vraiment habiter nos corps ni écouter nos intuitions. Qu’elle nous coupait de notre humanité, qu’on en venait à vivre les uns contre les autres plutôt que les uns avec les autres. Aujourd’hui, je me dis que c’est une excuse. La société n’aide pas, elle ne nous montre pas toujours les bons modèles, mais nous avons tout en nous. Il suffit juste d’aller le chercher. Il y a une expression que j’aime tant en anglais mais que j’ai du mal à traduire en français : go home to yourself. Tout est en toi, ton chez toi est en toi, ta maison est en toi. Il est temps de rentrer chez toi.

 

Je pense bien fort à vous,

Camille

 

 

 

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Dear you,

 

I am writing from my new home, I am seated at a big bamboo table, the garden windows are open and the curtain is dancing with the breeze. Everything is quiet and peaceful. Just the sounds of nature, of animals surrounding me, of the wind in the palm trees and also of the fan above my head.

Two weeks ago, at the exact same time, I was finishing to clear out my apartment, to make a last tour and see if I didn’t forget anything, to take few seconds to contemplate the empty space, emptied of the four years I lived there, emptied of my things, emptied of myself, to walk out, no turning back. I had no idea of what was waiting for me, or really of why I was doing it, just that profound feeling that it was the only thing to do. To leave.

Of course, I projected myself before my departure, I tried to imagine what my life would be like there, what would I do with myself, what balance I was about to build and how I could feel. I feel even happier at this moment that I could have ever imagined. It makes me even happier to know that I have this little voice inside of me that tells me what to do and who (apparently) is not mistaken. That I just have to listen to her to know where to go. Listen to your instinct, listen to your heart. And that, despite of what we could think, is not inborn. It is to be learned. To learn to hear, to learn to listen, to learn to understand. The instinct, it needs to be worked on, to be sharpened, it needs to be trained. And after that, just to have faith.

 

These last two weeks have been turbulent, and peaceful at the same time. I visited lots of houses. Actually, just four (but still). It was the most stressful part for me. To find a new home. A place where I feel good. I didn’t sleep the first nights, I dreamt of houses, of house visits, of weird roommates, of people I knew who had nothing to do here and of all kinds of animals.

The first house I visited didn’t help, it smelled so much of humidity that my clothes were wet when I got out. The second one was beautiful but lost in the very end of a mud path in the rice fields. I could have died there, nobody would have found me in weeks. The third one was occupied by strange people, including a blond girl who was talking to herself, in Russian, looking at astrological cards and smoking cigarette after cigarette ; and a guy dressed like a Tour de France cyclist by the pool. It had been four days since I arrived and I already felt like it was about to be long and complicated. I asked for patience, we don’t find a new home just like that. But I was eager, I was so looking forward to it. To begin to settle, to find a new routine, an everyday life, I didn’t come to Bali to be on holiday, I want to go to the supermarket, to have keys, to say « I am going home », to find a place for every thing, to tidy my things, to cook, and most of all to have the feeling to be home.

And then, a morning, I sent a message to a girl on Facebook, who said that she was a freelance photographer in Bali and wanted to meet people. There are dozens of Bali expats groups on Facebook, and clearly hundreds of posts like that everyday. But I chose her, Stephi. She answered me saying that she had found an amazing villa, for an amazing price, but that she just had lost her roommate. She asked if I could come in the next hour to visit the house. The emergency in her message made me uncomfortable. I knew nothing about her, she knew nothing about me, how to know. I went anyway, of course I went. I met Stephi, I met the house. I came back to my hotel room to pack my things and to move in the day after.

 

So I live in a huge villa, really huge. My room is huge. My bathroom is huge. The living room is gigantic. The kitchen has the size of my last apartment. The garden is so beautiful. My room overlooks the pool. And when I push the gates door, I am in the rice fields. I am in true nature and in the same time, 5 minutes away from the center of Ubud. I am in true nature, surrounded by all kind of animals. Lizards, geckos, snails, frogs everywhere, thousands of spiders, birds who sing days and nights, a little cat who is peacefully wandering around. And I feel good. This morning, I even saved a huge cockroach who was stuck between two doors. I remember the version of myself who was scared by any unusual noise, any tiny animal. I couldn’t say that I have changed, neither that I get used to by what I am surrounded with. I would rather say that I let go. I let it go. It is not a viable fear, the fear of nature. We are nature. I am not afraid anymore by Arthur, the gecko who lives in my bathroom and stares at me when I shower. I am not afraid anymore or the lizards who are hunting mosquitos under the roof. I am not afraid anymore to hear the frogs in the river next door. There are so many different animal noises, the noises of nature, or rather the silence of nature. And it is often difficult to know what is inside the house and what is outside. But, in the end, it doesn’t matter. That said, it is likely that I won’t be a smartass when I will find a snake in my bathtub.

 

I am 5 minutes away from Ubud center. 5 minutes by motorbike. I learnt how to drive a motorbike and it is probably one of the things I love the most since I am here. The autonomy that it gives me, the wind in my hair and this feeling of unbelievable freedom. I am so excited to drive that I am willing to run every little errand. I love to open the seat and find my helmet, I love to turn the key into the lock and start, I love the moment that I am going fast enough to pull my feet in, and the smile on my face.

Stephi taught me how to drive. We knew each other for two days. She came to see the renters with me, she bargained with me, took pictures and checked that it was all working good. She took me to a small parking lot and taught me how to drive. Fifteen minutes later, she proposed to drive around on quiet small roads. She was driving in front of me, really slowly. She was turning around so that I can learn how to take a turn. She even followed me to my yoga class to be sure that I was feeling safe. This morning, we woke up really early to go to the market. When we left, she said that she was getting on the bike with me, so that I could learn how to drive with someone behind me. I think I wouldn’t have done it. I would never have got on a bike behind a super beginner driver, in a far far away country. And yet, she was relaxed and confident. She got onto my bike to go. She got onto my bike to come back with all the vegetables and fruits bags. There are people like that, that we just met and who change our lives forever. She didn’t even expect a thank you in return. She didn’t expect anything. It was normal and natural for her.

 

I talked about it with my brother yesterday. I told him that I always thought I was a kind girl in Paris. I even already had the feeling to be too kind. Too attentive, too ready to help people, that it was not always well perceived, well received. But that here, it is nothing. Nothing at all. I am not even half the kind that people are around here to me.

Kindness goes without saying. We all share the same world, it is obvious that we have all to win to help one another and to grow together. Yet, it is like, at some point, we have unlearnt to be kind. It is like I have unlearnt to be kind. I would have told myself that it was not worth it, that everybody was handling things by themselves, that I was handling things by myself. That we were coming to a point where kindness was questioned, and it seems so crazy. That if you are kind, we’re going to wonder if you’re not expecting something in return, if you’re not having bad intentions, or if you’re not caring too much. Judgement. I think that at some point, I stopped being kind because I was afraid of what people could think of it. Kindness is not normal anymore, it is weird.

I am learning again to be kind. And it seems so natural. It is like coming home. Going back to my true nature, to our true nature. Humanity, to hold a hand, to listen, to help, to spend some time. Kindness has nothing to do with money. When Stephi taught me how to drive, my first thought was to buy her a present to say thank you. No. Kindness doesn’t expect anything in return. To take what we’ve been given, to learn how to receive. And to give at another time, maybe even to someone different.

 

I often thought that society was preventing us to be who we really are. That she was taking us away from nature, that we were coming to be afraid of animals or to walk barefoot in the mud, that we didn’t know how to live into our bodies anymore or to listen to our intuitions. That she was preventing us to our humanity, that we were coming to live against each other instead of with each other. Today, I think this is an excuse. The society is not helping, she’s not always showing us the right patterns, but we have it all inside of us. We just have to go get it. There is an English expression that doesn’t exist in French and that I really love: go home to yourself. All is inside of you, your home is inside of you, your place is inside of you. It is time to go home.

 

I am thinking of you,

Camille

Les

commentaires (3)

Michou
13 février 2018
Je suis super contente pour toi Camille. Je suis persuadée que les rencontres de ce genre ne sont pas le fait du hasard ! Bonne chance dans ta nouvelle vie et beaucoup de bonheur On t’aime Bisous Michou
Carole sebban
13 février 2018
Merci Camille pour ce partage, ces moments de bonheur que tu nous offre dans tes ecrits.. je suis heureuse de te savoir heureuse... et nous nous retrouvons tous dans tes récits... je t imagine cheveux au vent et cela me fait sourire mais j imagine aussi l angoisse de maman .. alors sois prudente ... je t embrasse fort.. vas , vie.. et deviens...
Le pouvoir de se perdre - CAMILLE'S BREATH
25 février 2018
[…] avant tout. Trouver l’équilibre à l’intérieur de soi. Je vous en parlais dans mon dernier article, le yoga est aussi un moyen de rentrer à la maison. La pratique du yoga devient addictive pour […]

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