I think I met God

18.06.18

-English version below-

 

Bonsoir chez vous,

 

Cela me manque souvent de ne pas vous écrire. Je pense à vous souvent, à tout ce que j’ai envie de vous raconter, à tout ce que j’ai envie de partager avec vous. Peut-être de partager tout court, à des gens extérieurs, vraiment extérieurs. Pas ceux que je rencontre ici, qui ont tous, à peu de choses près, la même histoire que moi. Tout quitter pour vivre une autre vie. Ne pas se reconnaître vraiment dans la vie qu’on a eue jusque là et partir trouver autre chose.

Il y a quelques années, à mon retour d’Inde, une de mes tantes, la plus religieuse de toutes (coucou Valou), m’avait un jour fait remarquer qu’à travers mes voyages, et tout le travail que je faisais sur moi, j’étais en quête. Et notamment en quête de Dieu. J’étais à l’époque réfractaire (le mot est faible) à toutes formes de religion. J’avais rejeté la religion (le judaïsme en l’occurrence) en bloc, aussi Dieu, les dogmes, les rites et toutes idées de croyance quelques années auparavant après le divorce de mes parents. Comment Dieu pouvait-il exister et me faire souffrir autant, cela n’avait pas de sens. J’avais aussi la conviction que la religion divisait les peuples, les gens et aussi très clairement ma famille. Je ne voyais pas les gens religieux beaucoup plus heureux que moi, parfois même moins et souvent tout aussi perdus. Il m’apparaissait donc évident que sa remarque était totalement infondée. Et elle avait d’autant moins d’impact qu’elle venait de ma tante, extrêmement religieuse, qui avait essayé, à de nombreuses reprises déjà, de prêcher la bonne parole auprès de la petite rebelle que j’étais.

Comme toutes les choses qui font écho en nous, sa remarque est restée gravée dans ma mémoire. Je me rappelle exactement du moment, de la conversation, de son intonation, de la manière dont elle m’a regardée en la disant. J’ai senti sa petite-remarque-de-rien-du-tout entrer en moi, taper fort dans mon esprit, faire un petit tour dans mon coeur, et aller se planquer dans mes souvenirs, dossier « non classés ». Je me rappelle aussi exactement de ce que je lui ai répondu. J’ai d’abord levé les yeux au ciel (assez ironique étant donné la nature du sujet), soufflé d’exaspération, et rétorqué avec tout l’aplomb du monde : Pff, n’importe quoi. Un argument super convaincant, donc. Je n’ai jamais vraiment repensé à ça pendant des années. Dieu et moi, c’était un sujet classé et il en faudrait vraiment des gros, de miracles, pour que je fasse marche arrière.

 

J’ai souvent raconté que je ne savais pas trop pourquoi j’étais partie en Inde. Ou plutôt j’ai souvent raconté des choses très factuelles du genre : je voulais rencontrer des fournisseurs pour la marque de fringues que j’étais sur le point de lancer (et que je n’ai jamais lancée), je voulais faire une retraite de yoga, voyager en sac-à-dos, visiter un nouveau pays et avoir un nouveau tampon sexy sur mon passeport. Tout ça était vrai bien sûr, j’ai bien rencontré des fournisseurs, fait une retraite de yoga, voyagé en sac-à-dos et hérité d’un nouveau tampon sexy sur mon passeport. Et à la fois, c’était loin d’être totalement honnête. Véritablement, j’ai été cherché quelque chose en Inde. Je le sais, et pire, tout le monde a semblé le savoir avant moi. J’ai été me chercher, moi. Ce qui, avec le recul, n’est vraiment pas très loin de chercher Dieu.

Je suis partie en Inde à la fin de ma thérapie. J’ai beaucoup souffert quand j’étais plus jeune et à dix-neuf ans, je me suis retrouvée pour la première fois dans le cabinet de ma psy. Quand on souffre beaucoup, on cherche des réponses. Certains se tournent vers la religion, d’autres vers la drogue (qui soit dit en passant agit sur la même partie du cerveau). Moi, je me suis tournée vers la thérapie. J’ai répondu aux questions « et à ce moment-là, qu’as-tu ressenti ? » et « Pourquoi à ton avis ? » à peu près trois mille fois en sept ans. J’ai tout fait pour comprendre et me guérir. Ce que j’ai réussi. J’ai compris et je me suis guérie. Avec ma tête. J’ai tout compris avec ma tête. J’ai compris chacun de mes mécanismes, j’ai appris à m’apprivoiser, à parler aussi, à vivre en société sûrement, à vider tous mes souvenirs, toutes ces choses que j’avais gardées en moi et qui pesaient trop lourd. À la fin de ma thérapie, donc sept ans plus tard, en théorie j’allais bien. Mais en pratique, je n’avais aucune idée de qui j’étais, de ce qui vibrait à l’intérieur de moi ni de ce que j’avais envie de faire de ma vie. Ma tête marchait, mais pour le reste c’était le vide sidéral. C’est exactement quand j’ai réalisé ça que j’ai tout plaqué et que je suis partie en Inde. Je suis partie en Inde pour me chercher, pour me trouver aussi. Et ça a été mon tout premier contact avec ma spiritualité.

 

J’ai découvert en Inde une toute nouvelle relation à la religion. Une foi qui rend heureux, une foi beaucoup plus tournée vers l’intérieur que vers des rites et des traditions extérieures. J’ai appris en Inde et à travers le yoga le principe qui a changé ma vie à jamais : Nous ne sommes ni notre corps, ni nos émotions, ni nos pensées mais la conscience derrière tout ça. Si vous voulez plus de détails, j’ai raconté ça .

À mon retour à Paris, je ne savais pas vraiment quoi faire de tout ça. Je l’ai laissé dans un coin de moi, et j’ai continué mon chemin. Sauf que j’ai ramené d’Inde la pratique du yoga. J’ai pratiqué le yoga régulièrement pendant les cinq années qui ont suivi. À chaque séance, j’ai appris un peu plus sur moi, sur mon corps, mes émotions, mon mental et sur cette fameuse conscience-derrière-tout-ça. J’ai tout appris du yoga et il me faudrait probablement trois cent articles pour vous en parler. J’ai appris à apprivoiser mon mental et j’ai rencontré ma conscience, mon âme, mon vrai moi. Petit à petit, j’ai commencé à penser des choses du genre : tout arrive pour une raison. J’ai commencé à m’intéresser à la loi de l’attraction et à écouter mon instinct. Je ne mettais pas le mot dessus parce que je n’avais pas conscience de ce que je faisais, mais c’était là. Quelque chose de plus grand que moi. Ma spiritualité.

 

Et puis, il y a un an exactement, je suis venue à Bali pour la première fois. Je rêvais de Bali depuis toujours, sans vraiment savoir pourquoi. Je suis arrivée là et quelque chose s’est ouvert en moi. Je n’ai pas vraiment compris sur le coup, j’ai juste su que je devais revenir, que j’avais commencé quelque chose que je devais poursuivre, et qu’il était temps. J’étais prête. Je vous passe la partie administrative pendant laquelle je suis revenue à Paris plaquer mon boulot et convaincre mes parents. Quoique mes parents étaient plutôt encourageants la deuxième fois que je suis partie, c’est la troisième fois où ça s’est compliqué. Je suis revenue à Bali deux mois plus tard pour faire une formation pour être prof de yoga. Je ne pouvais pas tout quitter pour partir trouver ma spiritualité, je n’y croyais pas vraiment encore, j’avais besoin d’une meilleure excuse, j’avais besoin d’une main tendue à attraper. Et j’ai attrapé celle de Tanya, ma prof de yoga. Tous les matins pendant un mois, comme souvent dans la pratique du yoga, Tanya nous a invités à poser une intention pour notre journée. J’ai posé mon intention le premier jour de formation et je l’ai gardée plusieurs mois durant. Mon intention s’est formulée d’elle-même. Elle s’est matérialisée dans mes pensées, elle est venue en moi sans même que je l’appelle ou ne la réfléchisse. J’ai juste entendu ces deux petits mots résonner dans ma tête : J’ai confiance.

Bien sûr, mon cerveau a un peu paniqué et essayé d’analyser ça. Tu as confiance, ok, mais tu as confiance en quoi ? J’ai confiance en moi avant tout, j’ai confiance dans les autres, j’ai confiance dans l’Univers. Je n’ai pas mis le mot Dieu dessus. Cela n’avait rien à voir avec Dieu pour moi, pas le Dieu qu’on m’avait présenté en France ni dans le judaïsme. Je ne me reconnaissais en rien là-dedans. J’ai confiance dans l’Univers. C’était ma première étape. J’ai confiance en cette chose plus grande que moi.

 

J’ai découvert ma spiritualité à travers le yoga, en me connectant à moi. En partant à la rencontre de ma conscience, à l’intérieur de moi. En me débarrassant de ma matérialité : mon corps, mes émotions, mes pensées. Souvent, il y a guerre interne à l’intérieur de moi. Mon moi matériel se bat contre mon moi spirituel. Généralement, mon moi matériel me pose des tas de questions : qu’est-ce que tu fais ? où tu vas ? comment tu vas gagner de l’argent ? quand est-ce que tu vas te marier et avoir des enfants ? Mon moi matériel ressemble étrangement à mon père dans ses mauvais jours. Mon moi spirituel, c’est plutôt : ne t’inquiète pas, aie confiance, tu es exactement là où tu dois être, vis dans le présent, tout arrive pour une raison. Je dois avouer que la vie est beaucoup plus douce quand mon moi spirituel prend le dessus.

Je suis rentrée à Paris après ma formation de yoga et j’en étais là. Je suis rentrée à Paris et mon moi matériel festoyait sévère. Mon appartement, mon job, ma famille, l’argent sur mon compte, les restos, les plans à long terme et les prochaines vacances. J’ai compris que j’avais été ce moi matériel toute ma vie, que j’avais entassé les fringues, les livres, les photos sur les murs, les amis et les histoires. Mais que j’avais enfin découvert une nouvelle partie de moi, une partie de moi que j’avais eu envie  de découvrir depuis si longtemps, une partie de moi que j’avais maintenant envie d’apprendre à connaître et à comprendre. J’ai réalisé que j’avais envie d’être mon moi spirituel pour un temps. Que ce n’est que quand j’aurais été mon moi spirituel à plein temps que je pourrais trouver mon équilibre. Je n’ai pas vocation à finir moine (moinesse ?) dans un temple, ou ermite en haut d’une montagne. Par contre, j’ai besoin de comprendre ma spiritualité, d’aller à son extrême et d’en garder que ce que j’ai envie d’en garder. Alors je suis partie à Bali une troisième fois. J’ai sacrément ébranlé mon moi matériel quand j’ai vendu tout ce que j’avais accumulé jusque-là et lâché mon appartement. Mais je suis sûre qu’il me pardonnera.

 

Souvent, on nous parle de la spiritualité comme d’une force extérieure. Un Dieu extérieur et puissant à respecter et vénérer. Le paradis, l’enfer, les belles histoires et les leçons de vie. Des rites, un régime alimentaire, des obligations, un code moral et des règles de conduites. La culpabilité aussi, le péché et les interdictions. Si seulement on nous parlait de la spiritualité comme d’une force intérieure. Partir à sa recherche, apprendre à se connaître, apprendre à s’aimer, apprendre à faire le tri à l’intérieur de soi. Et savoir exactement ce qui est bon pour soi. Ne pas suivre des règles à la lettre, établir ses propres règles. Aller rencontrer sa conscience, son âme, cette version de nous-mêmes à la source. Cette petite voix qu’on entend à l’intérieur de nous, témoin de nos vies. Cette petite voix, c’est ton vrai toi. Cette petite voix, c’est Dieu en toi.

Dieu est en chacun de nous. Dieu est en chaque chose. C’est en cela que les hindous vénèrent tout ce qui les entoure. Ils n’ont pas un Dieu du scooter et un Dieu de la route mais dans le scooter, et dans la route, ils voient Dieu. Dans le scooter, dans la route, dans la petite fourmi qui se balade sur mon bras depuis une heure et que je n’écraserai pas, dans toi, dans moi, partout. C’est exactement le sens du mot Namaste. Namaste signifie : la lumière divine en moi honore la lumière divine en toi. Dieu en moi reconnaît Dieu en toi, et ça que tu sois juif, chrétien, musulman, hindou, athée, blanc, noir, grand ou roux. Te faire du mal à toi, ou à la petite fourmi sur mon bras, revient donc à me faire du mal à moi. Ne fais pas aux autres ce que tu n’aimerais pas qu’on te fasse devrait plutôt être : ne fais pas aux autres ce que tu ne ferais pas à toi-même.

 

Cette connexion à soi, elle se travaille et elle se travaille tous les jours, sans relâche. Pour moi, elle passe par le yoga, l’écriture, le dessin dernièrement, la méditation. Mais elle peut véritablement passer par n’importe quoi. Cette connexion à soi, ce n’est rien de plus qu’une connexion au moment présent en pleine conscience. Sortir de ses pensées, sortir de son corps, sortir de ses émotions. Cela peut être tricoter ou jongler ou même marcher dans la forêt. Tant que tu tricotes en ne pensant qu’à ton tricot, en ne faisant que du tricot et en ne ressentant que ce que le tricot te fait ressentir. La pleine conscience. Et c’est un peu le principe de la prière. Quand on prie en choeur avec des tas de gens dans un temple ou une église, c’est une forme de médiation, une forme de transe. C’est d’autant plus fort quand on prie dans une langue qu’on ne comprend pas. Car le sens n’a pas vraiment d’importance, c’est l’état qui compte. Sortir de ses pensées, sortir de son corps, sortir de ses émotions. Se connecter à sa conscience.

 

Cinq ans plus tard, je repense à cette petite-remarque-de-rien-du-tout : tu es en quête de Dieu. Les gens en quête sont en quête toute leur vie. Ils n’arrêtent jamais de chercher. Je ne suis pas en quête, je trouve. Je me suis trouvée en l’occurence. Et en me trouvant, j’ai trouvé Dieu.

Nous pouvons être croyants sans adhérer à aucune religion. Je n’adhère à aucune religion aujourd’hui. Peut-être que j’y reviendrai plus tard, et probablement que si c’est le cas, je choisirai la mienne.

 

Il y a quelques jours, je me suis vue écrire la phrase suivante sur un de mes cahiers : Tu n’as jamais été seule, tu as toujours été avec toi-même. En y réfléchissant aujourd’hui, je réalise que j’aurais pu aussi l’écrire ainsi : Tu n’as jamais été seule, tu as toujours été avec Dieu. Mais je suis pas encore prête, hein. Je vais partir vite avant de regretter ma trop grande avancée et de tout effacer.

 

N’oubliez pas que tout arrive pour une raison. Et que si vous me lisez à cet instant, peu importe où vous êtes dans le monde, vous n’êtes sûrement pas arrivé là par hasard.

Je vous embrasse bien fort, comme toujours.

Camille

 

 

 

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Hello there,

 

I often miss writing to you. I often think about you, about all the things I’d like to tell you, all the things I’d like to share with you. Maybe just to share, to some outside people, really outside. Not the people I meet here, who have all, more or less, the same story as me. Here we’ve all left everything in order to live another life. We didn’t really recognize ourselves anymore in the life we were living until now, and so we left to find something else.

A few years ago, when I got back from India, one of my aunts, the most religious one, told me once that by traveling and working so hard on myself, I was on a quest. And especially on a quest to find God. I was at that time impervious to any forms of religion. I’d rejected my religion (Judaism to be precise), God, the dogmas, the rites and every other idea of believing a few years before, after my parents got divorced. How God could exist and let me suffer so much, it didn’t make any sense. I also had the conviction that religion was dividing people, and also very clearly my family. I didn’t see religious people happier than me, even sometimes less happy and often as lost as me. So it was obvious that her observation was completely unfounded. And it had even less importance than it was coming from my aunt, extremely religious, who had tried, many times already, to spread the Word to the little rebel I was.

As all the things that echo inside us, her observation stayed engraved in my memory. I remember exactly the moment, the discussion, her intonation, the way she looked at me when she said it. I felt her tinyobservation enter me, beat hard in my mind, go for a little while in my heart and go hide in my memories, file « unclosed ». I remember as well exactly what I answered her. I first raised my eyes to heaven (pretty ironic considering the subject), blew with exasperation and retorted with all the aplomb of the world: Pff, non-sense. A really convincing argument, for sure. I never really thought about this for years. God and I, it was a closed affair, and it would have taken really huge miracles for me to return to it.

 

I often said that I didn’t know why I went to India. Or rather I often said really factual things like : I wanted to meet suppliers for the clothes brand I was about to launch (and that I never launched), I wanted to do a yoga retreat, I wanted to backpack, visit a new country and get a new sexy stamp on my passport. All of this was true, of course. I met suppliers, did a yoga retreat, backpacked and got a new sexy stamp on my passport. And at the same time, it was far from being completely honest. Truly, I went to look for something in India. I know it and worse, it seemed that everybody knew it before me. I went to look for myself. Which is, with some distance, really not far from looking for God.

I left for India at the end of my therapy. I suffered a lot when I was young and at nineteen, I found myself for the first time in my psychologist’s practice. When we suffer a lot, we look for answers. Some people go to religion, others to drugs (which, I must say, have an effect on the same part of the brain). For my part, I went into therapy. I answered the questions « and at this moment, what did you feel? » and « in your opinion, why? » about three thousands times in seven years. I did everything I could to understand myself and to heal myself. Which I succeeded in doing. I understood myself and I healed myself. With my head. I understood everything with my head. I understood every one of my mechanisms, I learned to tame myself, to talk too, to live in society probably, to let go of all my memories, all these things I had kept in me and were weighing too much. At the end of my therapy, so seven years later, in theory I was good. But in practice, I had no idea of who I was, of what was vibrating inside of me or of what I wanted to do with my life. My head was working, for the rest it was the total emptiness. It is exactly when I realized that emptiness that I blew up everything and left for India. I left for India to look for me, to find me. And it was my first contact with my spirituality.

 

I discovered in India a new relationship with religion. A faith which makes one happy, a faith a lot more turned inwards than rites and traditions outward. I learned in India and through yoga the principle which changed my life forever: We are not our body, neither our emotions, neither our thoughts but the consciousness behind all this.

When I got back to Paris, I didn’t really know what to do with that. I left it in a corner of myself, and I kept walking my path. Except that I brought back from India my yoga practice. I practiced yoga regularly during the five years which followed. At every session, I learned a little bit more about myself, about my body, my emotions, my mind and about that famous consciousness-behind- all-this. I learned everything from yoga and it would take me probably three hundreds articles to talk about it. I learned to tame my thoughts and I met my consciousness, my soul, my real self. Little by little, I started thinking things like: everything happens for a reason. I started to get interested in the law of attraction and to listen to my intuition. I wasn’t putting a word onto it because I wasn’t aware of what I was doing, but it was there. Something bigger than me. My spirituality.

 

And then, exactly a year ago, I came to Bali for the first time. I dreamt of Bali all my life, without really knowing why. I arrived here and something opened in me. I didn’t really understand at that time, I just knew that I had to come back, that I had begun something that I had to pursue and that it was the time. I was ready. I am passing the administrative part when I came back to Paris, left my job and convinced my parents. Although my parents were quite supportive the second times that I left, it was the third times that everything became complicated. I came back into Bali two months later to do a yoga teacher training. I couldn’t leave everything to go find my spirituality, I didn’t really believe in it then, I needed a better excuse, I needed a holding hand to catch. And I caught Tanya’s, my yoga teacher. Every morning, for a month, Tanya invited us to set an intention for our day. I set my intention the first day of the training and I kept it several months. My intention expressed itself by itself. It just materialized itself into my thoughts, it came to me without even calling for it or thinking about it. I just heard this two little words in my head: I trust.

Of course, my brain freaked out a little bit and tried to analyse it. Ok, you trust, but you trust what? I trust myself first, I trust others, I trust the Universe. I didn’t put the word God on it. It has nothing to do with God for me, not the God I’ve been introduced to in France and in Judaism. I didn’t recognize myself in that. I trust the Universe. It was my first step. I trust something bigger than me.

 

I discovered my spirituality through yoga, by connecting to myself. Meeting my consciousness, inside of me. Getting rid or my materiality: my body, my emotions, my thoughts. Often, there is an inner war inside of me. My material self fights with my spiritual self. Usually, my material self asks a lot of questions: what are you doing? where are you going? how will you make money? when will you get married and have kids? My material self looks strangely like my dad on his bad days. My spiritual self is more like: don’t worry, have faith, you’re exactly here you’re supposed to be, live in the now, everything happens for a reason. I must confess that life is softer when my spiritual self is winning.

I got back to Paris after my yoga training and I was there. I got back to Paris and my material self was partying hard. My apartment, my job, my family, money in my bank account, restaurants, longtime plans and the next holidays. I understood that I had been this material self my all life, that I had accumulated clothes, books, pictures on the wall, friends and stories. But that I had finally discovered a new part of myself, a part of myself that I wanted to discover for so long, a part of myself that I wanted now to know and understand. I realized that I wanted to be my spiritual self for a while. That I’ll be able to really find my balance only after being my spiritual self all the time. I don’t have the vocation to become a monk in a temple, or a hermit on top of a mountain. But I need to understand my spirituality, go to its extremity and keep what I want to keep from it. So I came to Bali a third time. I shook hard my material self when I sold everything that I’ve been accumulated until then and left my apartment. But I am sure my material self will forgive me.

 

Often, we talk about spirituality like an external strength. An external and powerful God that we must respect and worship. Heaven, hell, beautiful stories and life lessons. Rites, alimentary diet, obligations, moral code and code of conduct. Guilt as well and sins. If only we’d talk about spirituality as an internal strength. To look for ourselves, to learn to know ourselves, to learn to love ourselves, to learn how to sort out all we have inside of us. And to know exactly what is good for us. To not follow the rules to the letter, to establish our own rules. To meet our consciousness, our soul, this pure version of ourselves. This little voice we hear inside of us, witnessing our lives. This little voice is your real you. This little voice is God inside of you.

God is inside every one of us. God is inside every thing. This is how hindus worship what surrounds them. They don’t have a motorbike God or a road God but in the motorbike and in the road, they see God. In the motorbike, in the road, in the little ant who is wandering on my arm for an hour and that I won’t crush, in you, in me, everywhere. It is exactly the meaning of the word Namaste. Namaste means: the divine light in myself honors the divine light in yourself. God in myself acknowledges God in yourself, and it works the same if you are jewish, christian, muslim, hindu, atheist, white, black, tall or with red hair. To hurt you or to hurt the little ant on my arm, is to hurt myself. Don’t do to others what you wouldn’t like others to do to you should rather be: don’t do to others what you wouldn’t do to yourself.

 

This connexion to ourselves requires work, it asks for work everyday, without break. For me, it comes through yoga, writing, drawing lately, meditating. But it can truly come through anything. This connexion to ourselves is nothing more than a connexion to the present in complete awareness. To go out of our thoughts, out of our body, out of our emotions. It can be to knit, to juggle or to walk in the forest. As long as when you knit, you think only about knitting, the only thing you do is knitting and the only emotion you feel is the one which knitting gives you. Complete awareness. And it is close to the prayer principle. When we pray, chanting with a lot of people in a temple or a church, it is a form of meditation, a form of trance. It is even stronger when you pray in an unknown language. The meaning doesn’t really matter, only the state counts. To go out of our thoughts, out of our body, out of our emotions. To connect to our consciousness.

 

Five years later, I think about my aunt’s observation: you’re on a quest to find God. People who are on a quest stay on a quest all their life. They never stop searching. I am not on a quest, I am finding. I found myself. And by finding myself, I found God.
We can have faith without being religious. I don’t have any religion for now. Maybe I will go back to it later, and probably if it is the case, I will
choose mine.

 

A few days ago, I saw myself write the following sentence in one of my journals: You were never alone, you’ve always been with yourself. Thinking about it today, I realized that I could have written: You were never alone, you’ve always been with God. But I am not sure I am ready yet. I will leave before having regrets and delete all this!

 

Don’t forget that everything happens for a reason. And that if you’re reading me, at this moment, wherever you are in the world, you didn’t arrive here by accident.
With all my love, as always.
Camille

Les

commentaires (1)

Mara Bernasconi
07 août 2018
Cami, I enjoyed reading your ‘I think I met God’ thoroughly. Such clear explanation of what you went through and how you found your inner temple. We need to take care of our temple since God, spirituality, Chi, you name them, is in us. Brava!

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